‹ La cour de biberack: comedie-vaudeville en un acteChapitre 9 sur 31 · SCÈNE M · texte numérisé non relu

SCÈNE M

BALTHAZARD^ bai>.

Je vous sauve...

FRÉDÉRIC, bas.

Imprudent ! {Pépinster redescend *.)

BALTHAZARD, pavcoiirant les papiers.

Ne me démentez pas... (Haut.) Ces titres sont parfaitement en règle, M. le Baron...

PÉPIiNSTER.

Selon les usages diplomatiques, vous savez ce qui vous reste à faire^ Excelicnce. . je n'ai pas la prétention de vous l'apprendre...

BALTHAZARD.

Sans doute... (A part.) Je lui passerais volontiers cette prétention...

Une réponse officielle...

BALTHAZARD, allant vers la table à droite,

{A part.) Bon, voilà Monseigneur qui remplit l'emploi de soufYleur... {Haiit.)ie vais vous expédier cela sur-le-champ.

PÉPINSTER.

Je demande pardon à Votre Excellence d'avoir interrompu sa conférence avec son Altesse... vous vous occupiez sans doute des affaires de l'État...

BALTHAZARD, écrivant.

Oui... oui, le fardeau delà politique...

PÉPINSTER.

C'est un rude poids!,., oh!... ce n'est pas un petit...

BALTHAZARD.

Mais quand on en a la grande habitude!... (Se levant et lui m<^ntrant ce quil a écrit.) Je crois que c'est cela !

PÉPINSTER.

Pas lout-à-fait, vous avez oublié quelque chose sur ce papier...

BALTHAZARD.

Ah ! vous pensez que j'ai oublié... quoi doncl^

PÉPINSTER.

Votre signature...

BALTHAZARD, regardant Frédéric. C'est juste, il faut que je signe., si je ne signais pas, ce serait comme si nous n'avions rien fait. FRÉDÉRIC, d'im air contraint.

Signez! ..

PÉPINSTER.

Vos nom, titres et qualités... et l'apposition du sceau !...

BALTHAZARD.

C'est juste !.., Il faut faire les choses complètement {bas à Frédéric) -.Ballhazard serait invraisemblable pour un ministre... je suis contraint de prendre un nom et un titre ^ans mon répertoire.. {haut, écrivant.) Le premier ministre comte de Rantzau... (A part.) Me voilà annobli de par Ber-

* Frédéric, Pépinster, Balthazird,

trand etUaton... signé, paraphé et scellé... voilà baron *.

PÉPINSTER, prenant le papier que lui remet Baltkazard.

Je vous remercie, M. le comte... Maintenant Monseigneur, je crois que le prince, mon auguste maître doit être arrivé à la frontière et Votre Altesse a sans doute l'intention d'aller à sa rencontre?

FRÉDÉRIC

J'allais vous le proposer...

BALTHAZARD.

Faut-il faire préparer les équipages?... mais je crois que Votre Altesse témoignera mieux son empressement en y allant à cheval... avec une escorte composée de quatre de ses meilleurs cavaliers... quatre hommes d'élite...

Oui, c'est cela...

PÉPINSTER.

M. le comte nous accompagnera-t-il?

BALTHAZARD.

Non... Quelques ordres à donner pour la réception...

PÉPINSTER.

Je comprends... et de mon côte... vous permettez?.. {Sur un signe d'approbation que lui fait le Grand-Duc, Pépinster va à la porte du fond.)

FRÉDÉRIC, bas.

La réception... elle sera belle !..

BALTHAZARD, 6aS.

Vous avez déjà un ministre... laissez-moi faire.

FRÉDÉRIC

Et qne feras-tu?

BALTHAZARD.

11 n'y a que le premier ministre qui coûte.

FRÉDÉRIC

Crois-tu que je veuille laisser durer cette imposture?

BALTHAZARD.

Aimez-vous mieux vous perdre? Je réponds de tout, si vous me donnez carte blanche.

Allons!..

ENSEMBLE

Air : de Doche.

ir l'iuil paitij-, fu^l^ ] le temps nous presse

Sans plus tnrder

abaiulonnez | , abandonnons I ^

es lieux

Dans ce séjour où l'appellent nos vœux.

{Pép/nster sort par le fond. Frédéric entre ài^aachc.)

' BalttiaïHrd, Frédeiic, Vépinster,

LA GOIR DE BiBERACK

rSGÈNE Vif.

I3ALTHAZARD, SClll.

Me voilà lancé... je n"ai plus qu'à conlinuer... mais il n'y a pas de temps à perdre... Le Grand- Duc me la dit lui-même, ses fronlièies ne sont qu'à trois quarts de lieues,., et encore peut-être s'est-il fait bonne mesure... mais, voyons, mes comédiens n'arrivent pas... je leur avais dit, cependant, de venir me rejoindre ici, dès qu'ils auraient fini de diner... Ah! fort heureusement les voici...

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