‹ La cour de biberack: comedie-vaudeville en un acteChapitre 10 sur 31 · CHOEUR · texte numérisé non relu

CHOEUR

Air : Exil et retour.

|! Francs et joyeux artistes,

\ Machinistes et choristes',

Chantons tous en chœur :

Honneur !

A notre directeur !

BALTHAZARD.

C'est bon !.. c'est bon !.. taisez-vous et écoulezmoi.

FLORESTAN, chantant.

Un vieux soldat sait souffrir et se taire , Sans murmurer.

Michel et Christine.

BALTHAZARD.

Te tairas-tu ?

FLORESTAN

Les chants ont cessé.

Vous avez bien dîné?

AZOLLNE.

Dans la dernière des perfections.

FLORESTAN

Crânement dîné!

BALTHAZARD.

Quand je VOUS disais... que je vous conduisais dans un pays de cocagne.

AZOLINE.

Cocagne ou Monaco, n'importe... Nous sommes vos pensionnaires; notre engagement nous oblige à jouer le drame, la comédie et le vaudeville partout où vous voudrez... et pourvu que les appointements rouleni, nous devons les suivre.

FLORESTAN

Il faut les suivre partout, et môme ailleurs! c'est mon système; m'en ont-ils fait faire du chemin ces scélérats d'appointements! J'ai passé ma ie à leur courir après ! dans tous les arrondissements dramatiques de France et des pays circonvoi- .insî

Air

Altiste intelligent, Dili.qent, Voyageant,

D'un public indulgent, J'ai su gagner les bravos et l'argent ! J'ai débuté, jadis, chez monsieur Comte, Encor moutard,

DansTcinploi de vieillard, J'eus des succès, parfois quelque mccouipte,

Quand on m'chutait

Mon père me claquait.

On s'aperçut d'abord

Que j'étais né ténor.

De ma poitrine, l'ut, Résonnait mieux que ne le fait un luth. Je demandai, pour mon gosier lyrique.

Cent mille francs, par an, d'appointemens: A l'Opéra l'on me trouva comique A rOpéra-Comiqnc on m'offrit huit cents francs. Froissé, Blessé, Vexé, Je quittai La Cité;

Mon génie incompris Se trouvait trop à l'étroit dans Paris. J'arrive a Meaux, bienheureuse contrée, Où le fromage est le produit du sol.

On répondit par une clé forée ■Quand j'attaquais avec la clé de solî..

Je pris la clé des champs.

Et privé de mes chants.

Ce public trop méchant.

M'a témoigné son regret bien touchant ! Regret tardif ! car déjà mon génie Me conduisait dans un autre pays Et devant un public de Normandie De mon talent je recueillis les fruits ;

Mais, par malheur, ces fruits

N'étaient pas toujours cuits.

Même ils claient tout verts, Quand je chantais : les chemins sont ouverts ! Cieniôta moi le public s'intéresse; J'I'ai vu parfois, pour prix de mon talent, D' mander l'auteur, redemander la pièce, R' demander tout,., tout jusqu'h son argent !

Mais je connaisses droits,

.le sais c' que je lui dois,

L'on n' m'a pas reproché

D'avoir jamais rendu l'argent touché.

J'aijoué pouiiautdovaUt de beil's recettes. Devant les mair's et messieurs les préfets. J'ai plussouvent joué d'vaut les banquettes. C'était alors que j'avais du succès!

A Toulouse, à Bordeaux

J'enlevais les bravos Les l'emm's me trouvaient beau.

Quand je jouais rposliilon d'Longjumeau.

Aussi plus tardlagloir' devait m'atlendre C'est à May^nco... et l'on jouait Robert,

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