‹ La cour de Celimene operacomique en deux actes paroles de M. RosierChapitre 100 sur 110 · ACTE IH| SCÈNE ItT · texte numérisé non relu

ACTE IH| SCÈNE ItT

même... car elle sait, n’est-cë pas , la grande passion qu'elle t’inspire ?

LÉO.N

Non.

HENRIETTE

Non f

LÉON

Elle ne s’en di/ute pas.

HENRIETTE, iidtvemetit.

Al)!.. .voilà qui me paraît bieil exlraordinaire; on s’en doute toujours, mon ami.

LÉO.N

Pourtant, c’est comme cela.

HENRIETTE

Alors, je ne vois qu’un moyeu... il faut le lui dire.

LÉO.N

Vous croyez ?

Qui t’en empêche?

LÉON

Si mon aveu allait l'offenser.

HENRIETTE

Allons donc, n’aie pas peur.

LÉON, à part.

Il parait décidément que le>a\eux n’offensent jamais. {Haut, en regardant Henriette avec amour.) Si elle me chassait, me défendait de lavoir, que deviendrais je ? J'aime mieux rester muet auprès d'elle, la coutempl r à mon aise, m’enivrer de sa présence... Elle est si belle ! si belle !

HENRIETTE

Eh bien! mon ami, H faut liii dirë tout cela comme tu me le dis à moi-même, avec la même expression dans la voix et dans le regard... elle ne s’eh lâchera pas.

LÉON'

Vrai ?

IIENRIETÏË.

Oh ! je t’en donne ma parole.

LÉON

Je vous crois, et je le lui dis, je le lui répète, matante! C’est vous !..

HENR1ET.E

Moi !

LÉON

Vous-mème !

HEMllE'rrE.

Comment, monsieur... c’était moi...

LA DAME AUX TROIS COULEURS

LÉON

Vous m’avez promis qu’ello ne se fâcherait pas.

HENRIETTE, reprenant bien vite un ton enjoué et finissant par éclater

de rire.

f Et je tiens ma promesse... Comment, mon pauvre Léon... c’était... c’était moi !... ah! ah ! ah !

LÉON

Vous riez ?

HENRIETTE

Que veux-tu? tu me prends à l’improviste , on se défend comme l’on peut... tu m’aimais et depuis un siècle... avant mon mariage peut-être?

LÉON

Oh ! bien avant, ma tante.

HENRIETTE, riant encore.

Ah ! ah ! ah ! tu conviendras que tu t’y prends un peu tard pour me l’apprendre.

LÉON

Vous riez encore !

HENRIETTE

C’est que, vraiment, je ne puis voir dans ta déclaration, qu'une déclaration pour rire.

?LÉON

11 n’est pourtant rien de plus sérieux.

HENRIETTE

Alors... c’est pour moi que vous vouliez rester à Paris, monsieur? C’est pour moi que vous alliez refuser ce poste auprès de M. de Mareuilles ?

LÉON, d^un air piqué.

J’ai eu tort, c’est vrai.

HENRIETTE

Vous avez eu très-grand tort! Je crois qu’il y a encore du remède... Mou cher Léon, c’est une amie qui te parle pour te donner un bon conseil : entre là dans le cabinet de mon mari, écris au ministre que tu acceptes avec reconnaissance, et que tu te mets à ses ordres.

LÉON

Vous le voulez?

HENRIETTE

Je le veux.

LÉON, S'inclinant.

J’obéis... {Il sort lentement, au premier plan, à gauche.)

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