‹ La cour de Celimene operacomique en deux actes paroles de M. RosierChapitre 13 sur 110 · ACTE · texte numérisé non relu

ACTE

Hélas ! quelle cruelle gène Si je portais ailleurs mes pas !

Lieux cliéris, je sens à ma peine Que longtemps je ne vivrais pas.

Vous, naïadps de la fontaine.

Zéphyrs qui murmurez tout bas.

Priez, suppliez l’inhumaine.

De ne pas causer mon trépas.

Pour ma santé, etc.

LA COMTESSE, souriant.

Allons, rassurez-vous... tant de passion me touche, et je me rends.

LE COMMANDEOR, enchanté.

Ah!

LA BAHONNE, railleuse.

Le moyen; en effet, de résister à un homme qui vous dit : Epousez-moi, madame, ayez confiance; ce n’est pas vous que j’aime, c’est votre château, c'est votre parc magnifique, avec ses riantes promenades, avec l’air pur qu’on y respire.

LA COMTESSE ET LA BARONNE, éclatant de rire.

Ah 1 ah ! ah l

LE COMMANDEUR , à la comtesse.

Ah 1 permettez, permettez 1 il y a plus que cela... Sans parler de votre vertu, de votre grâce, je rends à votre esprit l'hommage qu’il mérite. Vous m’avez déjà fait passer des veillées fort agréables, en me racontant vos amoureuses victoires, avec le nombre des morts et des blessés... c’est très amusant I ça me dispense d’acheter des romans ou de nourrir, ce qui est fort cher, des gens de lettres pour me désennuyer.

LA COMTESSE

Voulez-vous le résumé d’une conquête dont je vous donnerai les détails plus tard ?

LE COMMANDEUR, enchanté.

Une conquête toute fraîche?

LA COMTESSE

Ma sœur me l’a vu commencer aux eaux d’Aix, qu’elle a quittées avant moi, il y a huit jours... C’est un cadet de Gascogne.

LA BARONNE

Le petit chevalier do Mérac ?

LA COMTESSE

Précisément!... Aux premières attaques, il s’cst rendu.

1 E COMMANDEUR

Oh ! le poltron !

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