‹ La cour de Celimene operacomique en deux actes paroles de M. RosierChapitre 30 sur 110 · RÉCITATIF · texte numérisé non relu

RÉCITATIF

Dieu 1 quel mortel ennui d’avoir tant de conquêtes I (Désignant les HUets qu’elle a parcourus et qu’elle jette avec dédain.)

S’il fallait, pour répondre à toutes ces requêtes,

Recevoir en ces lieux et l’hommage et la foi,

Et l’assommant jargon et les fades visites De ces fous, en amour obstinés parasites.

On n'aurait pas vraiment un seul instant à soi !

(Elle se lève, et désigne, en pantomime, un amant à ses pieds.)

AIR

A mes genoux,

Que voulez-vous ?

Légère grâce?

Il faut, c’est dit.

Et sans dépit Que l’on s’en passe I Vous me pressez.

Vous menacez De vous enfuir Sans revenir 7...

Eh bien partez,

Si vous pouvez.

Un autre soudain vous remplace.

(.4 elle-même.)

Ah t chassons l’amour de notre àme,

Malgré la pitié qu’on réclame.

Pour une femme Le paradis n’est pas d’aimer.

Le paradis, c’est de charmer!

{Elle passe de l'autre côté de la scène et désigne encore en panto-^ mime un autre amant à ses pieds.)

c’est encore un.

Plus importun ;

Pourquoi me suivre D’un concurrent Il faut vraiment Qu’on vous délivre ?

Vous me pressez,

Vous menacez,

Pauvre martyr,

D’al'er mourir?

Eh bien, mourez,

Si vous voulez,

Un autre à mes pieds saura vivre.

{A elle-même.)

Le paradis n’est pas d’aimer.

Le paradis c’eSt de charmer !

Doux attrait de l’inconstance.

Garde bien mon indifférence !

Ne donner jamais son cœur.

Ah ! voilà le bonheur !

La coqueltcrie.

Charme de la vie, toouce fantaisie,

Embellit nos jours !

Ah ! d’un sentiment tendre Sachons bien nous défendre,

Pour régner toujours !

Doux attrait de l’inconstance, etc.

(Elle sonne. Bretonne paraît.)

BRETONNE

Que veut madame ?

l.A COMTESSE, os.sise sur la causeuse à droite, désignant les monceaux de billets et de bouquets.

Tiens, jtremls loul cela; je te le donne pour allumer ton feu et parfumer la cliaaibre.

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