‹ La cour de Celimene operacomique en deux actes paroles de M. RosierChapitre 92 sur 110 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ALBERT, seul. Il rentre d'un air très-mécontent, le chapeau renfoncé sur les yeux. — La pendule, placée sur la cheminée, so7ine sept hearesf.)

Sept heures du matin ! allons, j’ai fait une belle campagne ! Heureusement ma femme n’est pas encore levée. Après deux heures d’attente, elle a trouvé que la réunion des hommes sincères se prolongeait trop. Justine, la femme de chambre, que je viens de voir, ne lui dira pas à quelle heure je suis rentré. Maudit bal !... Perfide Anaïs !... et lui !... lui !... Léon !... un enfant! que j’ai presque élevé, à qui j’ai donné les premiers principes!... serpent, va !!! Après l’engagement solennel qu’il venait do prendre .. Du reste, s’il a manqué à sa parole envers moi, il a rempli fidèlement auprès d’elle son office de cavalier servant, toujours! toujours entre elle et moi, pendant cette interminable fête!... pas moyen de se rapprocher, do s’entendre... môme par... par gilets... son marin’était paslà!... Je sais bien que les yeux de la coquette m’ont adressé de temps à autre quelques encouragements; ses yeux, dont je connais depuis si longtemps Texpression et le pouvoir, me disaient bien qu’en secret elle me préd'èrc toujours; mais ils ajoutaient parfois avec malice, qu’elle était heureuse d’avoir là, sous la main, ce rival pour exciter... pour irriter mon amour. Oh ! j’etouffe de colère., et si jamais ce traître de Léon osait se représenter devant moi...

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