Raynald. ibid., n
4. Il tint, dans le cours de l'année 1262, plusieurs cours solennelles. Bœhmer, Reg. imp. p. 283.
secondée par ces trois puissants prélats, n'eût fini par prévaloir. Instruit de leurs intentions, Urbain défendit, sous peine d'excommunication, non seulement d'élever Conradin à l'Empire, mais de favoriser une élection qu'en vertu de son autorité apostolique il déclarait d'avance nulle et non avenue ^ C'était aller plus loin que n'avait fait Alexandre. Cette défense expresse et plus encore peut-être la présence de Richard, qu'un message de ses partisans avait rappelé en hâte en Allemagne, déjouèrent cette tentative, et Conradin perdit encore une fois l'espoir de la couronne. Sollicité par le roi de Castille et le comte de Cornouailles qui, chacun de leur côté, le pressaient également de leur conférer les insignes impériaux, Urbain ne se hâta pas néanmoins de prendre une détermination; mais il leur accorda une première satisfaction, en les invitant à se présenter devant lui pour exposer leurs droits. Par une bulle du 7 août 1263, il les cita à comparaître au mois de mai de l'année suivante, et, pour témoigner de son impartialité, décida que jusque-là il donnerait à chacun d'eux, dans ses lettres, la quaHfication de « roi élu des Romains 2. »
Cependant Manfred, dont la chute semblait plus importer au pontife que la rétablissement de la paix en Allemagne, s'afTermissait dans sa conquête. Un mariage contracté entre sa fille Constance et Pierre fils aîné de Jacques, roi d'x\ragon ^ mariage auquel le pape avait vainement cherché à s'opposer, avait encore consolidé l'autorité de ce prince en lui donnant un allié hors de la péninsule ''. Maître incontesté du royaume de Sicile, non seulement il continuait de dominer la Toscane et, par les Gibelins de la Haute Italie, étendait alors son action
1. 3 juin 1262. Raynald. eod. anno, n" 4-8, Cf. Potthast, Reg, j)ontif.u° 18347, 18348.