En décembre 1261 et mai
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d'Angleterre, opprimé par ses barons, était dans l'impossibilité de satisfaire au traité conclu par lui avec l'Eglise romaine. Une bulle par laquelle, au mois de février 1262, il délia ce prince, sur sa demande, du serment qu'il avait fait d'observer les statuts d'Oxford ', loin de fortifier l'autorité du roi, ne servit qu'à exciter en Angleterre de nouveaux troubles. Chercbant ailleurs l'épée dont il avait besoin, Urbain se tourna vers la France. Dès le printemps de cette année, il envoyait de Viterbele notaire apostolique, Albert, à la cour de Louis IX, avec mission d'oll'rir la couronne de Sicile à ce monarque pour l'un de ses fils ou, sur son refus, pour le plus jeune de ses frères, Cliarles, comte d'Anjou, à qui Innocent lY l'avait proposée neuf ans auparavant ^. Le roi ayant décliné l'offre qui lui était faite pour ses fils, l'envoyé du saint-siège s'adressa au comte d'Anjou, lequel, n'étant plus retenu par les considérations qui l'avaient arrêté précédemment, s'empressa d'accueillir les ouvertures du pontife. Hormis le courage, Charles n'avait rien des rares qualités de son frère. Dur, avide, ambitieux, entraîné par sa femme, Béatrix, qui lui avait apporté en dot le comté de Provence et dont l'ambition égalait la sienne, il no remplissait que trop les conditions propres à l'œuvre de violence oii il consentait à s'engagera Mais si la cour de Rome était servie dans ses projets par les instincts de ce prince, instincts qu'à la vérité elle ne connaissait alors qu'imparfaitement, elle se heurta aux scrupules de Louis IX, sans le concours duquel il était difficile que l'entreprise réussît. Tout en reconnaissant que l'élévation de son frère faciliterait l'expédition que déjà il méditait de renouveler contre les Infidèles, le pieux monarque craignait que ce ne fût usurper sur les droits de Conradin ou tout au moins sur
1. Lettre du pape à l'archevêque de Gantorbéry, 23 février 1262. Rymer, Fœdera, t. I, pars ii, p. 10.
2. L'offre de la couronne de Sicile à Louis IX pour l'un de ses fils est rappelée dans une lettre d'Urbain du 3 mai 1264 à la reine de France. Voir Gherrier, Hist. de la lutte des papes et des empereurs, t. III, p. 117, notel.
3. Voir, sur Gharles d'Anjou, Le Nain deTillemont, Vie de S. Louis, t. VI, appendice, p. 32.
ceux d'Edmond d'Angleterre à qui Je trône avait été promis'. Ces scrupules blessèrent la fierté du pontife en même temps qu'ils contrariaient ses desseins, et, dans une lettre qu'au mois de novembre il écrivait à maître Albert, lui recommandant de tout faire pour vaincre les hésitations du monarque : « Le roi doit avoir confiance en nous et en nos cardinaux, disait-il. Nous ne voulons ni nuire à sa renommée, ni faire courir péril à son âme. Il doit penser que nous et nos frères désirons également notre salut, que, nous aussi, nous avons nos scrupules et que nous n'entendons en rien, dans cette affaire, offenser la Divinité -. »
Du côté de l'Allemagne, les désordres nés de la double élection d'Alfonse et de Richard n'étaient pas apaisés, et aucun des deux élus n'était parvenu à évincer son rival. Le roi de Castille, tout en maintenant ses prétentions à l'Empire, n'avait pas quitté l'Espagne, et Richard, qui, retenu lui-même en Angleterre par les troubles de ce royaume, n'avait fait en Allemagne que de rares apparitions, n'avait pas réussi à grossir son parti. A un moment pourtant, cette situation si préjudiciable aux populations germaniques avait paru devoir se modifier. A la suite d'un dissentiment avec le comte de Cornouailles, Werner d'Epstein, qui avait été promu depuis peu à l'archevêché de Mayence, entraînant dans ses vues ses collègues de Cologne et de Trêves, s'était concerté avec eux pour préparer les voies à une autre élection. C'était sur le jeune Gonradin que, malgré les défenses antérieures d'Alexandre IV, il avait jeté les yeux ^ Déjà, pendant la dernière absence de Richard, le petit-fils de Frédéric, quittant le duché de Bavière, s'était présenté aux peuples de Souabe,qui, l'accueillant comme leur souverain légitime, lui avaient ouvert la plupart de leurs villes*. Nul doute que l'élection de Conradin,