Journal d'Eudes Pàgaud, loc cit
(lu centième*. Louis IX, auquel il écrivit^ prêta cette fois aux injonctions du saint-siège l'appui de son autorité, et, au mois de novembre, eut lieu à Paris une seconde assemblée du clergé, dans laquelle fut enlin accordée la perception du centième. Encore fut-ce avec des restrictions qui attestaient de la part des évoques un esprit d'indépendance auquel la papauté n'était pas liabituée. Ils déclarèrent qu'en accordant cette subvention, ils le faisaient « non en vertu des ordres apostoliques, ni par aucune contrainte, mais de leur seule volonté ''. ))
Si la levée du centième pour la Terre sainte souleva de telles difficultés, on conçoit que la perception des décimes pour la guerre de Sicile, qui fut prescrite au commencement de l'année suivante, ne s'opéra pas non plus sans obstacle. Un religieux nous a transmis à ce sujet des renseignements qui méritent d'être rapportés. « On payait alors, écrit-il, la décime pour Charles d'Anjou et le centième pour la Terre sainte. L'archevêque de Tyr était chargé de la levéti du centième; la décime était perçue par les soins de Simon, cardinal-prêtre du titre de Sainte-Cécile. Afin que personne n'échappât à la taxe, Simon envoya dans tous les diocèses des agents procéder à l'estimation des bénéfices ecclésiastiques, avec ordre de ne pas se fier aux déclarations que, même sous la foi du serment, feraient les détenteurs. Seuls les évêques furent exemptés de cette inquisition. Comment fut conduite cette estimation, notre Seigneur Jésus le sait. Bien que ce cardinal fût d'origine française et eût été chancelier du roi de France, il connaissait parfaitement les usages de la cour de Rome pour ronger et dévorer les bourses. 11 me serait impossible de dire combien, à l'occasion de cette décime, il a été fait de vexations, de violences et de moiicherieti •*. »
1. Octobre 1263, Potthast, Reg. pontif, n» 18663-18692, passim.