oct. 1221. Hist. dipl. t. II, p
année, à Vérone, un congrès général clos princes de l'Europe, où l'on réglerait les conditions d'une nouvelle et plus grande entreprise \ et Frédéric jura de se mettre à la tête de l'expédition au jour qui serait fixé par l'assemblée ou par le pape lui-même. Croyant cette fois à la sincérité du monarque, Honorius plaça sous la protection de l'Église l'Empire, l'empereur, l'impératrice, leur fils Henri, leurs États héréditaires, et ordonna aux évêques allemands de frapper d'excommunication quiconque troublerait la paix pendant que Frédéric serait à la croisade ^.
Une maladie du pontife retarda la réunion de ce congrès, qui se tint au mois de mars 1223, non à Vérone, comme il avait été dit, mais à Férentino. Malgré le grand objet pour lequel on l'avait convoqué, il ne s'y trouva guère, avec le pape et l'empereur, que Jean de Brienne, roi titulaire de Jérusalem, les grands maîtres des ordres militaires et religieux de la Terre sainte, quelques personnages ecclésiastiques, tels que les archevêques de Tarente, de Worms, de Magdebourg, et le préfet de Rome. L'impératrice Constance étant morte dans l'intervalle, Honorius avait eu la pensée de faire épouser à Frédéric Yolande, fille et héritière de Jean de Brienne. En donnant au chef de l'Empire la couronne de Godefroyde Bouillon, il croyait l'engagera la déhvrance de la Terre sainte par des intérêts plus puissants \ Frédéric n'était pas lui-même insensible à l'idée d'ajouter une nouvelle couronne à celles qu'il possédait déjà. Sur les sollicitations de l'assemblée, il promit d'épouser Yolande, qui était alors à Saint- Jean d'Acre; et, la guerre contre les Infidèles ayant été d'un commun accord ajournée à deux ans, il fit le serment d'être prêt à partir le jour de la Saint-Jean-Baptiste de l'année 1225 \ Pendant ce temps, il devait armer une flotte
i. Lettre du pape au cardinal Pelage, 25 avril 1222, Hist. dipl. 240-242.