‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 14 sur 416 · Hist. dipl. t. II, p · texte numérisé non relu

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d'user envers lui d'une coupable indulgence', il se décida enfin à diriger sur l'Egypte quaranle galères siciliennes -. Il était trop tard. Quand ce renfort arriva, Damielte était perdue pour les chrétiens. Privés depuis trop longtemps des secours qu'on leur avait annoncés, affaiblis aussi, on doit le dire, par leurs propres divisions, ils n'avaient pu ni poursuivre leurs conquêtes, ni garder Damiette que, le 8 septembre 1221, ils se voyaient contraints de rendre aux Infidèles^.

A la nouvelle de cet événement dont il se sentit frappé « comme d'un glaive », llonorius adressa les plus amers reproches à l'empereur. « C'est vous, écrivait-il, qui, par vos vaines promesses, avez donné aux croisés une fausse sécurité et causé leur défaite : et, comme pour augmenter notre douleur, voici qu'on nous accuse, nous aussi, d'avoir déserté la cause de Dieu, en ne vous obligeant pas, ainsi que c'était notre devoir, à vous acquitter de votre vœu, » Rappelant à Frédéric les engagements formels qu'il avait pris le jour de son couronnement, il lui signifiait que, s'il ne se hâtait de les remplir, il était résolu à l'excommunier comme traître à ses serments et à faire publier cette excommunication par toute la catholicité "*. En même temps, des lettres envoyées aux évoques d'Italie, d'Allemagne, de France, d'Angleterre, d'Ecosse, d'Irlande, les exhortaient à redoubler de zèle dans la prédication de la croisade ^ Frédéric, qui, au premier bruit delà reddition de Damiette, avait écrit à llonorius qu'il était dans le ferme dessein de réparer cette défaite *, proposa au pape une entrevue pour aviser avec lui aux moyens les plus propres à venger le nom chrétien. Cette entrevue, à laquelle consentit llonorius, eut lieu, au printemps de 1222, à Yeruli. Tous deux convinrent d'assembler à la Saint-Martin de cette

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