‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 151 sur 416 · Henri III était mort le 16 novembre · texte numérisé non relu

Henri III était mort le 16 novembre

nouveau roi des Romains, Rodolfe, et d'autres princes de l'Europe s'étaient fait représenter par des ambassadeurs. Les ordres militaires du Temple et de l'iiôpital de Saint-Jean de Jérusalem avaient également envoyé des députés. On vit venir en outre, durant la tenue du concile, des ambassadeurs du grand Kan des Tartares, qui désirait s'allier avec les Latins contre les Turcs et promettait de les seconder pour reconquérir la Palestine. Quant aux délégués de l'empereur de Constantinople, ils no se présentèrent qu'à la fin du mois de juin. Six sessions, dont la dernière eut lieu le 17 juillet 1274, occupèrent l'assemblée. En ouvrant le concile, Grégoire indiqua de nouveau le triple objet pour lequel il l'avait convoqué : les secours à procurer aux chrétiens d'outre-mer, la lin du schisme grec et la réforme du clergé *. Dès la première session, une croisade pour le recouvrement des Lieux saints fut décidée, et Grégoire obtint des évêques, non, il est vrai, sans difficulté et en s'ad rossant on particulier à ciiaque métropolitain, qu'une décime serait prélevée à cet effet, pendant six ans, sur les revenus ecclésiastiques^; mais, en raison des grands apprêts qui étaient nécessaires, aucune date ne fut alors fixée pour le départ de l'expédition.

Dans l'intervalle qui sépara la seconde et la troisième session et avant que les députés grecs fussent arrivés, le pape régla en consistoire ^ la question de l'Empire, sur laquelle les mandataires du roi de Castille et de Rodolfe lui avaient demandé de rendre sa décision. Grégoire, qui jusqu'ici n'avait pas pris publiquement parti entre les deux compétiteurs, se prononça en faveur de Rodolfe. Dans la pensée de prévenir le retour des conflits qui avaient si longtemps désolé l'Italie, plus encore peut-être que pour sauvegarder le pouvoir tem-

1. Pour les actes de ce concile, voir Héfélé, Conc. t. IX, p. 13-44.

2. En même temps qu'aux métropolitains, le pape s'adressa, pour la levée de la décime, à un évéque et à un abbé de chaque province. C'est de ce fait qu'on peut conclure que la croisade fut alors décidée, bien que cette décision ne soit pas mentionnée expressément dans les textes que nous possédons.

Page 1