novembre 1278. Piaynald. eod. anno, n
2. Voir un sermon prononcé par le pape Boniface VIIT sur la canonisation de Louis IX, le 6 août 1297. Duchesne, Hist. Franc, script, t. V, p. 488, 484.
3. ^' De consilio autem dando, dico vol)is quod bone sanum darem consilium, si essent qui me vellent audire; sed in romana curia his diebus parum aliud tractatur nisi de guerris et de truphis, et non de animarum salute. » Salimben. Chron.
A UouR DE Rome. — T. II. 15
226 LIVRE SEPTIl'nn-:
laissèrent gagner par les promesses, et, le 22 février 1281, on clul un français, Simon, cardinal de Sainte-Cécile, le même qui jadis, à litre de légat, avait été cliargé par Urbain IV de conclure avec Charles d'Anjou le traité définitif au sujet de la Sicile ^ A ce résultat avaient abouti les événements dans lesquels s'était engagée la papauté. Elle ne s'était délivrée des Hohenstaufen, dont elle redoutait la puissance, que pour retomber sous une autre main. Sacré, le 23 mars suivant, à Orvieto, où il devait passer presque tout le temps de son pontificat -, le nouveau pape adopta le nom de Martin IV.
Ce pontificat offrit, comme celui de Nicolas III, un caractère tout politique. Sans chercher, ainsi que son prédécesseur, à annuler les droits de l'Empire en Italie et tout en paraissant même les reconnaître en une certaine mesure ^, Martin s'abstint également d'appeler Rodolfe en deçà des Alpes pour lui conférer les insignes impériaux. Mais si, par ce silence à l'égard de Rodolfe, il se rapprocha des vues de Nicolas III, il s'en éloigna totalement dans sa conduite avec le roi de Sicile. Plus dévoué à Charles d'Anjou que ne l'avait jamais été aucun de ses devanciers-, il se laissa en quelque sorte diriger par ce prince et se fit l'auxiliaire de son ambition et le cooj)éraleur de ses entreprises. 11 avisa d'abord, sur sa demande, h lui rendre l'office de sénateur que lui avait ôté Nicolas III. A la mort de ce pape, une lutte avait éclaté à Rome entre les familles rivales des Orsini et des Annibaldi, qui prétendaient l'une et l'autre au gouvernement de la cité. Sous prétexte de mettre fin à des troubles qui n'étaient pas encore apaisés lors de -son avènement, Martin réussit à se faire attribuer la dignité sénatoriale dans les ccjnditions oii l'avait obtenue son prédécesseur, avec la faculté de l'exercer par lui-même ou [lar un délégué. Comme la constitution de Nicolas III défen-
1. Voir dans Raynald. anno 1281, ii" 2, une lettre d'Honorius IV qui rappelle ces faits. Cf. Gregorovius, Stot^ia di Rotna, t. V, p. 558.
2. Pendant les qaatre années que dura son pontificat, il ne parut pas à Rome.