Thainer, Cod. dipl. dom. temp. t. I, p. 231, 252, n
j.A papat'tp: devient toute politique 237
(lait d'y appeler un étranger, il cassa cette constitution. Il renforça ensuite le sacré collège d'un certain nombre de cardinaux favorables à Charles et dont quatre étaient français; après quoi, par une déclaration du 29 avril 1281, il notifia aux Romains que, pour tout le temps qu'il occuperait la chaire apostolique, il remettait au roi de Sicile les fonctions de sénateur, comme seul capable, disait-il, de maintenir la paix dans l'intérêt du saint-siège et du peuple *.
Ce ne fut pas la seule faveur que Charles d'Anjou dut à la condescendance du pontife. Si Martin n'osa lui restituer le vicariat de Toscane, il lui conûa, avec la garde militaire de la Marche d'Ancône et du duché de Spolète, celle de la Campanie et du Patrimoine de saint Pierre -. Un des capitaines de ce prince fut même nommé comte de la Romagne ^ ; et, bien que les traités antérieurs eussent stipulé que le roi de Sicile n'exercerait aucun pouvoir dans la péninsule en dehors de ses propres États, l'Italie centrale, depuis les frontières du royaume de Sicile jusqu'aux rives du Pô, se trouva en fait entre les mains des Français ■*. Le pape donna à Charles une autre preuve de complaisance. Nicolas III, qui craignait un vassal trop puissant, avait détourné ce prince de se porter contre Gonstantinople, alléguant que les Grecs, par leur union avec le saint-siège, étaient devenus « enfants de l'Eglise ^. » Martin prétendit, non sans quelque raison, que cette union n'était qu'une feinte, et, sur les instances de Charles, le 18 novembre 1281, il publia une bulle par laquelle il frappait Michel Paléologue d'excommunication et défendait à qui que ce fût, roi, seigneur, ville ou commune, de faire
1. Voir cet acte dans Theiner, Cod. dipl. dom. temp. p. 248-231. n" 395. — La nomination des cardinaux est du 12 avriL Ptol. Luc. Hist. eccl. l. XXIV, c. 3. Cf. Gregorovius, Storia di Roma, t. V, p. 359, 560.
2. (( Electus (papa) senalor urbis loco sui regem Sicilise instituit, eligens de familia ejusdem régis in Viterbio existentis milites ad regendum tam Patrimonium, quam Gampaniam, Marchiam et Ducatum. » Jordan, apud Raynald. anno 1281, n» 14. Gf. Guil. de Nang. de Gest. Philip, lll.