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2. « Pauci vel nulli sunt qui, per omnes provincias illas quas dictus rex dicitur peragrasse, velint se ad crucis ministerium prseparare. » Lettre de Frédéric au pape, S mars 1224, Hist. dipl. t. II. p. 409-413.
3. Voir Potthast, Reg. pontif. 26 mars et 11 avril 1223, n»' 6969, 6994.
4. Hist. dipl. Introd. p. 381 et ss. — Gherrier, Hist. de la lutte des papes et des empereurs, t. II, p. 24-29.
qu'indépendamment de cent galères prêtes à appareiller, il faisait construire cinquante vaisseaux de transport. « Dieu nous est témoin, écrivait-il, que nous travaillons sans relâche à assurer le succès de la guerre sainte, et que nous n'avons rien de plus à cœur que le triomphe de la croix *. » Néanmoins la date que le congrès avait fixée pour son départ approcha, sans qu'il eût terminé ses apprêts. Ces lenteurs étaient calculées. Méditant de nouvelles entreprises dont l'exécution exigeait la prolongation de son séjour en Italie, il allégua, pour différer son expédition, son mariage non encore célébré avec Yolande, mariage par lequel, avant de se rendre en Palestine, il voulait, disait-il, assurer ses droits au trône de Jérusalem, et, sur ce prétexte, il envoya vers le chef de l'Eglise solliciter un sursis-.
Honorius venait alors de quitter Rome, fuyant une seconde fois devant le parti populaire ^ Les envoyés de l'empereur trouvèrent le pape à Rieti. Quelque regret qu'il éprouvât du peu de zèle de Frédéric, il se laissa persuader et consentit à un dernier sursis. A la vérité, le prompt départ de l'empereur n'était plus aussi nécessaire que lorsque les croisés étaient en péril à Damiette. Mais, afin de rendre impossibles de nouveaux retards, il voulut lier Frédéric par des engagements plus solennels que ceux qu'il avait pris jusqu'ici. Il manda au monarque de se trouver le 22 juillet 1225 à San Germano, où deux cardinaux, désignés à cet effet, étaient chargés d'aller recevoir son serment. Là, dans la principale église, et en présence d'un grand nombre d'ecclésiastiques, de nobles et de bourgeois, Frédéric, debout devant le maîtreautel et la main droite étendue sur le livre des Évangiles, jura à haute voix de partir le 15 août 1227 pour la Terre sainte, avec cinquante galères et cent navires de transport. Il promit en outre d'y entretenir pendant deux ans mille chevaliers équipés, de déposer d'avance cent mille onces