Zeller, Hist. d'Allem. t. V, p
3. Fin avril 1225. Voir Sregorovius, Storia di Rom a, t. V, p. 157-159.
d'or pour les frais de l'expédition, et déclara que, si par sa faute la croisade ne pouvait avoir lieu, il se soumettrait volontairement à l'anathème K
Tout en déployant ces constants et inutiles efforts au sujet de la Terre sainte, Honorius avait reporté son attention vers le midi de la France oii les hérétiques avaient continué leurs progrès. Après avoir perdu successivement toutes les places qu'il occupait, réduit bientôt à l'extrémité, Amaury s'était vu contraint, au mois de janvier 1224, de signer une trêve avec le jeune Raimond ^, que ses victoires et la mort récente de son père ^ avaient rendu maître du comté de Toulouse. S'éloignant dès lors et pour jamais de ces provinces dont le chassait la défaite, Amaury était allé trouver le nouveau roi de France, Louis VIII, et lui avait cédé ses droits sur les domaines que la croisade et l'Eglise avaient donnés à sa famille *. De son coté, Raimond VII, désireux de conserver l'héritage paternel reconquis par ses armes, avait envoyé des députés à Honorius et sollicité sa réconciliation avec l'Eglise, s'engageant à maintenir ses sujets dans l'obéissance du saint-siège. Le pontife avait paru d'abord se rendre à ces sollicitations, et il suspendit même les indulgences accordées pour la guerre contre les Albigeois ^ Quelques évêques réunis à Montpellier, entrant dans des voies plus équitables que celles qui avaient été suivies jusqu'alors par l'Eglise, appuyèrent auprès du pape les démarches de Raimond ^ Mais, circonvenu par les menées d'Amaury, entraîné peut-être aussi par quelques-uns des membres du sacré collège, Honorius changea de sentiments et envoya en Languedoc Romain, cardinal de Saint-Ange, avec la mission « d'y relever la religion
1. Lettre de Frédéric au pape, datée de San Germano, 28 juillet 1223, Hist. dipl. t. II, p. 500, 501.
2. D. Vaissette, Hist. du Languedoc, éd. Molinier, t. VIII, Preuves, n» 148.