‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 175 sur 416 · Ravnald. anno 1286, n · texte numérisé non relu

Ravnald. anno 1286, n

comparu K II y a plus ; le roi d'AngleLorre, Edouard l^\ ayant ménagé une trêve entre les rois de France et d'Aragon ^, le prince de Salerne, Charles le Boiteux, qui était toujours prisonnier en Catalogne, avait, à la faveur de cette trêve, négocié avec Alfonse un projet de traité, par lequel il s'engageait, pour prix de sa liberté, non seulement à se désister de ses droits sur l'île de Sicile, mais à réconcilier avec le saint-siège les doux fils de Pierre d'Aragon, à qui seraient conservés les États dont ils étaient en possession \ Ce projet l'ut envoyé à Rome par le prince de Salerne. Au lieu de l'approuver, le pontife blâma Charles d'y avoir donné son adhésion, s'étonna qu'il eût osé le lui faire connaître et l'avertit que jamais le saintsiège ne sanctionnerait une convention aussi préjudiciable aux intérêts de ce prince lui-même qu'injurieuse pour l'Église romaine *.

Ainsi la cour de Rome s'opiniâtrait à prolonger la guerre malgré les vœux du prince dont elle prétendait sauvegarder les droits. C'était témoigner, par un signe trop visible, que le soin de son autorité lui était plus cher que la paix des royaumes. Tout indiquait néanmoins que cette autorité déclinait. Méconnue en Sicile et en Aragon aussi bien par le clergé que par les populations, elle l'était dans ce moment même en Allemagne, où l'on eût pu croire que la papauté, après tant d'efforts soutenus par elle contre l'Empire, avait reconquis son ascendant. Rodolfe avait enfin demandé à Honorius de fixer la date de son couronnement à Rome, couronnement toujours différé depuis la mort de Grégoire X et qui devait l'être encore. Le pontife parut accueillir cette demande s, et il envoya un légat chargé tout à la fois de se con-

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