Reg. d'Honorius IV, Introd., p. lx, lxi
4. Lettre du pape à Charles II, 4 mars 1287. Reg. d'Honorius IV, n» 814.
5. Par une lettre du 31 mai 1286, Honorius fixa au 2 février 1287 la date du couronnement à Piome. Raynald. anno 1286, n» l, 2. Cf. Md. anno 1285, n* 22. Par d'autres lettres du 31 mai 1286, le pape invita les princes ecclésiastiques et
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certer avec le monarque au sujet de ce couronnenienl, et d'introduire des réformes dans les églises d'Allemagne, auxquelles avait manqué trop longtemps, disait-il, la visite salutaire d'un représentant du saint-siège ^ Ce légat, qui était Jean Boccamazza, cardinal-évêque de Tusculum, passa les Alpes accompagné d'une suite nombreuse, et résida successivement à Bâle, à Strasbourg, à Spire, à Worms. Il ne se comporta pas d'abord de manière à se concilier les esprits. Un contemporain, qui nous a laissé le récit de cette mission, le comparait au dragon de l'Apocalypse «promenant sa queue venimeuse par toute l'Allemagne qu'il infectait de sa perversité simoniaque, amassant des trésors, mettant à l'enchère des privilèges qu'il se bâtait de révoquer pour les faire payer de nouveau, et vendant impudemment le patrimoine du Crucilié. » Au mois de mars 1287, il tint un concile à Wuilzbourg. Rodolfe y assistait. « Tous les évoques et abbés de l'Allemagne, dit ironiquement le chroniqueur, s'étaient rendus à cette assemblée, espérant entendre la parole de vérité de la bouche d'un homme envoyé par le chef de l'Eglise, n II publia en effet un certain nombre de canons de discipline auxquels le concile ne pouvait refuser son approbation ; mais ensuite, alléguant les besoins du saint-siège, il demanda que le clergé s'obligeât, pour un temps déterminé, à payer un subside dont le chiffre, semble-t-il, était considérable. Cette demande, dès qu'il l'eut
séculiers de l'Allemagne à accompagner Rodolfe à Rome. Reg. d'Honorius IV, n" 551. On ne connaît pas exactement la cause pour laquelle Rodolfe ne se rendit pas à uomeà l'époque indiquée. Nicolas IV, dans une lettre à ce prince du 13 avril 1289, se borne à dire : « Prsefixus de tuo ad coronam adventu terminus, supervenientibus impedimentis, effectam non habuit. » Ces mots où l'on aperçoit comme un semblant d'excuse, le silence qu'Honorius, depuis le mois de mai 1286, garda sur l'invitation adressée à Rodolfe, la conduite tenue envers ce prince par les prédécesseurs d'Honorius, enfin les instances que Rodolfe réitéra sous Nicolas IV pour obtenir la couronne, tout autorise à penser que la cause de ce nouveau délai vint moins du côté de Rodolfe que du côté de la cour de Rome.
1. « Considérantes partes Alemannise longiusjam exactis temporibus non fuisse per legatumsedisapostolicae, praesertim missum de latere, visitatas. » Voir la lettre délégation adressée le 31 mai 1286 au cardinal .Jean. Raynald. eod. anno, n» 4, 5.
formulée, fit tout éclater. Conrad, évêque de Toul, s'avança tout à coup au milieu de l'assemblée et, dénonçant les actes de simonie et les malversations dont le cardinal s'était rendu coupable depuis son entrée en Allemagne, s'opposa résolument à la levée de ce subside. L'arclievêque de Cologne s'exprima avec la même véhémence. Tous les prélats firent entendre des menaces, et il se produisit un tel tumulte que le légat, protégé avec peine par Rodolfe, dut précipitamment quitter le concile. 11 ne tarda pas à regagner l'Italie, et, ajoute le narrateur, « nous comptons bien qu'il ne reviendra pas \ » Moins d'un mois après qu'avait eu lieu à Wurtzbourg cette émeute de prélats et de moines contre l'Eglise romaine, Honorius avait cessé de vivre. Il mourut à Rome - dans un somptueux palais qu'il s'était fait construire, près de l'église de Sainte-Sabine, sur le mont Aventin \ Si la mort ne l'eût arrêté en ses projets, il devait intervenir utilement dans la querelle qui s'était élevée en France entre les ordres mendiants et le clergé séculier. Cette querelle avait pris de telles proportions, qu'un évêque de Poitiers, Guillaume do Mâcon, en rc-
1. « Nunquam tamen, ut speramus, reversurus. » Gotfr. Ensmingen, apud Bœhmer, Font. rer. germ. t. II, p. 124-126. Ce Godefroy, chroniqueur strasbourgeois, vivait en 1299. Il ne parle pas de subsides demandés par le légat, et, d'après son récit, on pourrait croire que le tumulte aurait été provoqué uniquement par la conduite simoniaque du cardinal. Mais il ne paraît pas douteux qu'une demande de subsides ait été la cause de ce tumulte. Un contemporain, auteur delà Continuatio Ratisbonensis {Pertz. ss.,t. XVII, p. 416), parle de multa onera et de graves expensas qu'aurait voulu imposer le légat. Jean de Winterthur, qui écrivait, il est vrai, au xiv« siècle (Mansi, Conc. t. XXIV, p. 867) et dont le récit a été amplifié au xv« siècle par Trithème (Annal. Hirsaug.), dit que le légat demanda aux prélats un quart de leurs revenus pendant quatre ans. Enfin il convient de noter qu'Honorius, par une lettre du 2.3 juillet 1286 adressée à tous les prélats de l'Allemagne {Reg. d'Honorius IV, n» 806), leur demanda une(( subventionem congruentem «pour l'aider à recevoir avec honneur Rodolfe au moment du couronnement ; et c'est vraisemblablement à propos de ce subside, porté par le légat à un chiffre excessif, que dut éclater le tumulte. Cf. Héfélé, Conc. t. IX, p. 135-144. Hisi. liitér. t. XXI, p. 93, 94.