Fr. Pipinl Chron. l. IV, ch
246 LIVJiE SEPTIÈME
peine de procéder contre lui par les voies spirituelles et temporelles '. Il somma, sous la même peine, Jacques et les Siciliens de revenir à l'obéissance de l'Eglise romaine ^. Il est inutile de dire que celte double sommation resta sans résultat. Au mois de novembre de cette année, Charles le Boiteux fut néanmoins rendu à la liberté, non en vertu des ordres du pape, mais par suite d'une convention qui avait été conclue à Oléron, sous les auspices du roi d'Angleterre, pendant l'interrègne pontifical, et qui rappelait celle dont Honorius avait repoussé le projet. D'après cette convention, Charles s'obligeait à renoncer à la possession de l'île de Sicile, devait, en outre, dans un délai déterminé, obtenir tant de la France que du saint-siège l'abandon de toute entreprise contre les deux princes d'Aragon, et jusque-là laissait à Alfonse, en garantie de ses engagements, trois de ses plus jeunes fils comme otages ^ Ce prince, qui prit dès lors le titre de roi de Sicile, alla d'abord en France conférer à ce sujet avec Philippe le Bel*; après quoi, il se rendit en Italie, en vue tout à la fois de se faire couronner par le pape et de soumettre le traité à son approbation.
II n'était guère à penser que la cour de Rome sanctionnât de son assentiment un accord qu'elle avait déjà rejeté. Avant même quy Charles eût recouvré la liberté, Nicolas, instruit de la conclusion du traité, avait écrit aux rois de France et d'Angleterre qu'il ne pouvait l'approuver ^ Lorsque ce prince arriva en Italie, le pape se trouvait àRieti, où il s'était retiré à la suite de troubles survenus à Rome ^. Il donna satisfaction au premier vœu de Charles. Le 29 mai 1289, ce prince fut
1. lief/tstres de Nicolas il', n" 365, éd. Ch. Laiiglois, Tliorin, 1886.