mars 1288. Reg. de Nicol. IV, n
6. Annal. Colmar. major, auuo 1289. Cf. Gregorovius loc. rit. p. 578.
solennellement couronné de la main du pontife, sous le nom de Charles II. En recevant les insignes de sa nouvelle royauté, il se reconnut, comme son père, vassal de l'Église romaine, s'obligea comme lui et sous des conditions analogues à un cens annuel de huit mille onces d'or, et prit de même l'engagement de ne jamais exercer à Rome et dans les Etats de l'Eglise l'office de sénateur ou de podes[,at sans l'autorisation du saint-siège \ Mais si le pape consentit à couronner le lils de Charles d'Anjou, il refusa résolument toute adhésion au traité, et, sous prétexte que cette convention avait été arrachée à Charles quand il était en captivité, il le releva du serment qu'il avait fait de l'exécuter ^. Il fit plus; il réitéra l'excommunication contre Alfonse et son frère Jacques ^ et, décidé à faire observer jusqu'au bout les volontés du saint-siège, il attribua de nouvelles décimes à Philippe le Bel pour s'emparer de l'Aragon au profit de son frère Charles de Valois ^, et en accorda également à Charles le Boiteux pour reprendre l'île de Sicile *. C'était vouloir rallumer la guerre, alors que les princes qui y avaient le plus d'intérêt semblaient disposés à l'éviter. A la vérité, Philippe le Bel n'entendait pas renoncer, sans dédommagement pour son frère et peut-être pour lui-même, aux droits que la France avait reçus du saint-siège sur l'Aragon, et tout prouve que, de son côté, Charles le Boiteux, moins retenu par ses promesses que par la considération des otages laissés entre les mains d'Alfonse, voulait réserver les siens sur la Sicile. Mais, en dépit des injonctions pontificales, ni l'un ni l'autre ne prirent les armes pour faire valoir ces droits ^;
1. Voy. le texte de cet engagement dans Raynald. anno 1289, n° 1-1 L