Raynald. anno 1295, n
4. Nie. Spécial. 1. II. c. 14. Cf. Tosti, Ilisl. de Boniface VIII, t. I. p. 185-190 ; 231-239.
«Iralo (le Païenne K C'était tout ensemble rendre inutiles les concessions que Boniface avait faites au sujet de l'Aragon et méconnaître les injonctions du saint-siège. Le pontife cassa l'élection de Frédéric, lui interdit de prendre le titre de roi et menaça de procéder contre lui par les voies spirituelles et temporelles ^ Avant même que ce prince fût couronné, il avait notifié aux Siciliens que, s'ils persistaient dans leur rébellion, il emploierait la force pour les réduire ^ Il avisa alors à exécuter ses menaces. Afin d'aider Charles II à reprendre la Sicile, il lui accorda, pour une période de trois ans, les décimes ecclésiastiques de toute l'Italie, à l'exception de Rome et des diocèses avoisinants, et lui envoya un premier secours de cinq mille onces d'or *. Voulant en outre lui procurer un allié, il s'attacha Jacques par de nouvelles faveurs, et, nommant ce prince « amiral de l'Église romaine » pour combattre au nom et à la solde du saint-siège tous les ennemis de la foi, il lui manda de se préparer, à ce litre, à se porter prochainement contre les Siciliens ^
Boniface, qui, après avoir dû céder sur la question d'Aragon, voyait ses injonctions méprisées en Sicile, ne réussit pas mieux à arrêter des hostilités qui, peu avant son avènement, avaient éclaté entre la France et l'Angleterre. Dès les premiers mois de son pontificat, il avait envoyé à Paris et à Londres deux cardinaux chargés d'imposer une trêve aux belligérants ^ Mais, loin que leur mission eût été efficace, la situation s'était aggravée. Tandis que Philippe le Bel Qxcitait l'Ecosse contre l'Angleterre, à laquelle il venait d'enlever la Guyenne, Edouard I", s'alliant avec le comte de Flandre, vassal de Philippe, et avec Adolphe, roi des Romains, menaçait la France tout à la fois par le Nord et par l'Est \ Pour