Schmidt, Hist. des Albig., p
cette ardeur qu'on avait vue au temps d'Innocent III, ni môme avec celle, déjà sensiblement diminuée, qui s'était encore manifestée dans les premières années du pontificat d'Honorius. Les vassaux de Louis VIII ne prirent les armes, pour la plupart, que parce que leurs devoirs féodaux les y obligeaient. La crainte du roi, assure un chroniqueur, jointe à un sentiment de condescendance pour les volontés du saintsiège, fut le principal motif qui les déterminai Beaucoup trouvaient injuste cette guerre faite à un prince qui ne demandait qu'à prouver à l'Église la sincérité de son obéissance et de sa foi. Une armée nombreuse se réunit à Bourges, au mois de mai 1226, d'où elle partit, sous la conduite du roi, pour se diriger sur le midi. Son approche suffit à répandre la terreur dans ces malheureuses provinces, si souvent et si cruellement éprouvées. Un certain nombre de seigneurs et plusieurs villes, telles que Béziers, JVimes, Castres, se hâtèrent d'envoyer vers Louis des députés pour faire leur soumission. Avignon, après avoir tenté de résister, se rendit également. Albi, Carcassonne, se soumirent à leurtour^ En quelques mois, le pays presque entier était tombé au pouvoir de Louis, lorsque ce prince mourut subitement, le 8 novembre, des suites d'une épidémie qui avait atteint une partie de son armée. Cette mort ranima un moment l'ardeur de la défense; mais elle ne fit que retarder un dénouement devenu inévitable. La royauté en France ne devait pas abandonner les droits qu'elle tenait de la cession d'Amaury et qui lui avaient été confirmés par le saint-siège; et, bien qu'Honorius dût mourir lui-même avant que Baymond se fût résigné à déposer les armes, il put dès lors considérer comme assurées la destruction de l'indépendance de ces provinces et leur fusion avec la France catholique du Nord. Dans son empressement à remplir les vœux du pontife,
1. « Plus metu régis, vel favore legati, quam zelo justitiœ inducti. » Rog. de Wendov.