Ibid., t. VI, p
de son triste état de décadence » et de tout faire pour que Raimond se soumît au saint-siège K
Le comte de Toulouse connut bientôt quelle était la soumission qu'on exigeait de lui. Un concile, auquel assistaient plus de cent évoques de France avec les abbés et les députés des chapitres, se rassembla, le 29 novembre 1225, à Bourges, sous la présidence du légat. Raimond, qui s'y était présenté, demanda «humblement» son absolution, réitéra sa déclaration de vouloir maintenir ses sujets dans l'unité de l'Eglise, se dit même « prêt à subir un examen sur la foi, » et alla jusqu'à supplier le légat de visiter avec lui ses domaines et de s'y enquérir de la religion des habitants. Ce fut en vain. Le cardinal, qui avait les instructions du saint-siège, ne consentit à absoudre le comte que s'il renonçait pour lui et ses descendants à son héritage'. Raimond, ayant refusé de se rendre à cette exigence, se vit menacé d'une nouvelle guerre. Le pape, averti par son légat, sollicita Louis VIII dans les termes les plus pressants d'extirper « la peste toujours renaissante de l'hérésie » et de s'emparer par les armes des terres dont Amaury lui avait fait l'abandon^. Louis, qui s'était d'abord flatté d'obtenir ces domaines par la soumision volontaire de Raimond, se voyant déçu dans son attente, céda avec empressement aux désirs du pontife et réunit un parlement à Paris, où l'on décida la croisade ^. Le cardinal Romain y excommunia, au nom du pape, Raimond et ses alliés, le proclama hérétique condamné, et confirma la possession de ses domaines au roi de France, qui, avec ses barons et ses évêques, prit la croix de la main du légat; et la guerre sainte fut de nouveau prèchée contre les Albigeois ^.
Cette croisade, on doit le dire, ne fut pas entreprise avec
1. Fév. 1223. Raynald. anno 1225, n"^ 28, 29. Pour tout ce qui précède, voir Schmidt, Hist. des Albig. t. I, p. 276-278.