Pollbast, ibid., n» 24Gû
Italie par des religieux, établis depuis peu daus la Marche d'Ancône et sur les montagnes dos Abruzzes. Sortis soit de l'ordre des Franciscains, soit d'autres ordres dont ils s'étaient séparés, ces religieux, sous le nom de Frères de saint François, se rattachaient à une secte qui commençait alors à se répandre en quelques points de l'Occident. On les appelait aussi Bizoques ou Frères de la pauvre vie et plus communément Fraticellcs'. Prétendant observer avec fidélité la règle de saint François, qui était à leurs yeux le fondement de la perfection, considérant le commentaire de Pierre Olive sur l'Apocalypse comme une sorte de cinquième évangile, ils disaient que l'Église de Rome, viciée et corrompue, avait perdu tout pouvoir spirituel; que les papes n'avaient été les vicaires de Jésus- Christ que tant qu'ils avaient imité sa pauvreté, et qu'il n'y avait plus de pontificat 2. C'étaient les mêmes doctrines qu'avaient autrefois soutenues les hérétiques. Bonifaco, qui, l'année précédente, avait déjà ordonné de sévir contre ces nouveaux sectaires ^ les poursuivit avec d'autant plus de vigueur, qu'il craignait que ces disciples trop zélés de saint François ne devinssent des alliés pour les Colonna. Chassés de la péninsule, ils gagnèrent la Sicile et de là, après avoir, dans des processions publiques, chanté des hymnes injurieuses pour l'Église romaine qu'ils appelaient la « prostituée^ » et dont ils annonçaient la chute prochaine, ils s'embarquèrent pour la Grèce, où ils allèrent chercher un refuge loin des atteintes du pontife ^
Au milieu des inquiétudes que lui causaient ces attaques contre son autorité, Boniface obtint de Philippe le Bel une marque inattendue de condescendance. Ce prince, qui avait défait les Flamands et s'était emparé de Lille et de Bruges,