‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 203 sur 416 · Annal. Colmar. Cf. Raynald. anno 1298, n · texte numérisé non relu

Annal. Colmar. Cf. Raynald. anno 1298, n

Worins à son conipétitour ^, celui-ci fut proclamé roi des Romains le 9 août par les sulIVagcs réunis de tous les électeurs et couronné ensuite à Aix-la-Chapelle. Il envoya aussitôt informer le pape de son élection. A en croire le récit duu chroniqueur, Boniface recevant les amhassadeurs avec colère : «■ Que Dieu me punisse, se serait-il écrié, si je ne venge Adolfe de Nassau ! J'ai deux glaives; si l'un ne me suffit pas, je prendrai l'autre'. » Ce qui est certain, c'est qu'il ne voulut pas reconnaître l'élection d'un prince qui s'était, disait-il, révolté contre son suzerain, et déclara cette élection nulle et sans valeur ^ Cette opposition du pontife ne modifia point les événements, et, pour la première fois depuis Innocent III, on vit un souverain régner sur l'Allemagne en vertu d'une élection à laquelle la cour de Rome avait refusé son adhésion.

Ainsi de toutes parts, en Allemagne, en Italie, en France, l'autorité du saint-siège était, à des titres divers, ou méconnue ou attaquée et parfois humilié;'. Cependant Boniface ne perdait pas de vue les afi'aires de Sicile. Il avait enfin conféré à Jacques d'Aragon, déjà nommé par lui amiral de l'Eglise romaine, l'investiture des « royaumes de Corse et de Sardaigne^, » et un traité avait été conclu par ses soins entre ce prince et Charles le Boiteux, traité par lequel Jacques s'engageait à seconder son allié d'une puissante Hotte pour reconquérir la Sicile^ Non content de tant défaveurs accordées au roi d'Aragon, le pape lui concéda, en vue de cette entreprise,

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