décembre 1361. Raynald. eod. anno, n
fi. 4 décembre 1301 (bulle Salvalor mundi). Dupuy, ibid., p. 42, 43. Dans cette bulle, il disait ces mots qui étaient une autre preuve de cet état d'exaltation dont nous avons parlé : « Le vicaire du Christ peut, selon les temps, les lieux et les pr-rsonnes, suspendre, révoquer, modifier les statuts, privilèges et concessions émanés du saint-siège, sans que la plénitude de son aut'irité puisse être entravée par quelque disposition que ce soit. »
Icttros était jointe la faiiicuso bulle Ausculta fili, dans laquelle il ne reprochait pas seulement à Philippe la violation des libertés de l'Eglise et ses usurpations sur les biens du clergé, mais ses abus dans l'administration du royaume, abus qu'il avait portés au point d'altérer les monnaies, et l'oppression qu'il exerçait sur ses sujets séculiers. « Rentrez, lui disait-il, mon très cher fils, dans la voie qui mène à Dieu et dont vous vous êtes écarté par votre faute ou à l'instigation de conseillers pervers. Ne vous laissez pas surtout persuader que vous n'avez pas de supérieur et que vous n'êtes pas soumis au chef de la hiérarchie ecclésiastique. Une pareille opinion est insensée, et quiconque la soutient est un infidèle déjà séparé du troupeau du bon Pasteur. » Il ne se contentait pas d'adresser au monarque des blâmes sévères sur sa conduite; il lui annonçait que, pour remédier aux désordres dont elle était la cause, il avait résolu <lt; réunir, au 1'^'' novembre de l'année suivante, un concile à Rome, aufjuel seraient appelés tous les prélats de son royaume. « Vous pourrez, ajoutait-il, vous trouver personnellement à cotte assemblée ou y envoyer des députés; nous ne laisserons pas d'ailleurs de procéder en votre absence, selon que nous le jugerons convenable *. » Enfin, par une quatrième bulle, il informait les évêques de France de la réunion du concile et liMir ord'jnnait de s'y rendre, afin de pourvoir avec lui « à la conservation des libertés de l'Église, à la réformation du royaume, à la correction du roi et au bon gouvernement de la France -. »
Cette bulle Ausculta fili, où Boniface manifestait la prétention d'imposer ses volontés au roi aussi bien dans les choses qui touchaient à l'ordre temporel que dans celles qui relevaient de l'ordre spirituel, avait été rédigée en consistoire et minutieusement examinée avant d'être expédiée ^