Dupuy, Hist. du différend, p
2. Cet envoyé était Nicolas de Bienfaite, archidiacre de Goutances. On évalue à environ quarante jours le temps qui était alors nécessaire pour le trajet de Rome à Paris. C'est donc vers la fin de mai que Philippe dut être averti de la mission de l'archidiacre. Celui-ci apportait également d'autres lettres, datées aussi du 13 avril, qui ordonnaient à ceux des prélats de France qui ne s'étaient pas rendus au concile de se présenter à Rome dans un délai de trois mois, sous peine d'être privés de leurs dignités (Dupuy, ibid. p. 88, 89). C'est vraisemblablement en réponse à cette injonction que Philippe, au mois de juin 1303, ordonna de nouveau de mettre sous séquestre le temporel des prélats qui seraient absents du royaume (Dupuy, ibid., p. 99. 100).
.S. Voy. la bulle Super Pétri solio (8 déc. 1303) dans Dupuy, ibid. p. 181 et ss.
Charles le Boiteux un traité par lequel celui-ci laissait à Frédéric, pour sa vie durant, la couronne de Sicile, qui retournerait, après la mort de ce prince, au roi de Naples ou à ses héritiers. Boniface, qui avait si sévèrement interdit à Charles Il tout accord avec Frédéric, conUrma le traité et releva le roi de Sicile de toutes les censures qu'il avait encourues ^ Il ratifia de même l'élection d'Alhert d'Autriche, comme roi des Romains, élection que juscju'ici il avait refusé de reconnaître 2. Il est vrai qu'à ce monarque, aussi bien qu'à Frédéric, il imposa l'oljligation, non seulement de ne faire ou de ne conserver aucune alliance avec les ennemis de l'Église romaine, mais, si celle-ci l'exigeait, de les combattre par les armes. Il ne se contenta pas de se ménager ainsi des appuis contre Philippe ; il voulut l'alfaiblir. Par une bulle du 31 mai 1303, il enjoignit aux seigneurs, évoques et habitants de la Lorraine, de la Bourgogne, du Dauphiné, de la Provence et des provinces voisines qui relevaient autrefois de l'Euipire, de rompre les liens d'obéissance ou de vassalité qu'ils avaient pu contracter au détriment de la puissance impériale ^ C'était provoquer le démembrement de la France.
Avant que la nouvelle de ce dernier acte d'hostilité lui fût parvenue, Philippe s'était décidé, de son côté, à frapper son adversaire. Le 13 juin, avait lieu en sa présence, au Louvre, une seconde réunion de seigneurs et de prélats. Dans cette assemblée, plus nombreuse que la précédente, un autre ministre du roi, Guillaume de Plasian, reprit et développa la requête de Nogaret. 11 lut un écrit contewant vingt-neuf articles d'accusation contre Boniface, parmi lesquels était ce-