Dupuy, ibid. p
lumées depuis son avénoment,(les tril)uts onéreux que, pour subvenir aux frais do ses entreprises, il imposait au clergé, de ses procédés impérieux qui étaient moins d'un pasteur que d'un tyran et par lesquels, disait-il, il s'était rendu insupportable à la fois aux princes et aux évêques, il s'attacha à démontrer, par les mêmes arguments dont les Colonna s'étaient servis jadis dans leur libelle, qu'on ne pouvait le regarder comme pape légitime; il ajouta que, par sa conduite, il était suspect de simonie, se dit même prêt à prouver que, sur divers chefs, il était hérétique, et finalement supplia Icjroi, dans l'intérêt do l'Eglise, do se concerter tant avec les cardinaux qu'avec les évêqueset les souverains de l'Europe pour réunir un concile général qui jugerait Boniface et ordonnerait, s'il y avait lieu, d'élire un autre pape K Bientôt arrivait en France l'envoyé pontifical chargé de remettre au légat la bulle qui l'autorisait à excommunier le roi -. Philippe fit saisir la bulle et jeter le messager en prison ^ Le légat, craignant pour sa propre personne, se hâta de quitter la France. C'était désormais une lutte déclarée entre le roi et le saintsiège.
Boniface s'y était déjà préparé en cherchant à se créer des alliés. Charles de Valois, qui n'avait réussi ni à s'emparer delà Sicile, ni à soumettre les Gibelins, avait été rappelé en France par Philippe à la suite du désastre de Gourtrai. Avant de s'éloigner de ritalie, il avait du moins ménagé entre Frédéric et