Net. et extr. mss. t. XX, 2' part. p. 147, n
CHUTE DE LA THÉOCRATIE o05
lui de s'être allié au roi de Sicile et au roi des Romains dans le dessein manifeste de détruire le royaume de France. Il ne se bornait pas à répéter qu'on ne pouvait considérer Boniface comme pape légitime; il affirmait que le pontife avait fait périr Gélestin en prison pour assurer sa propre élévation. Gomme Xogarel, il l'accusait de simonie, lui reprochant de vendre les absolutions et les dispenses, de trafiquer des bénéfices, d'enrichir ses proches avec l'argent de l'Église. Il l'attaquait également dans sa foi, et, le qualifiant d'hérétique déclaré, l'accusait de ne croire ni à la présence réelle dans l'Eucharistie, ni même à l'immortalité doràme. L'atteignant jusque dans ses mœurs, il lui imputait les vices les plus honteux, réprouvés à la fois par la nature et la religion. De même que Nogaret,il terminait son réquisitoire en suppliant le roi de se faire le défenseur de l'Eglise et, à ce titre, de provoquer la réunion d'un concile général qui, après avoir condamné Boniface comme indigne du pontificat, s'occuperait des moyens de lui choisir un successeur. Philippe, qui s'était abstenu de prendre la parole dans l'assemblée du 12 mars, la prit dans celle-ci. Tout en disant « qu'il aurait volontiers caché de son manteau la nudité de son père, » il déclara qu'il consentait, dans l'intérêt de la foi, à la requête qui lui était présentée par Guillaume de Plasian et l'avait été déjà par Guillaume de Nogaret S et il invita les barons et les évêques à y consentir avec lui. Les seigneurs s'empressèrent de donner leur adhésion ; les évêques, après en avoir délibéré, la donnèrent également, non, disaient-ils avec une prudence mêlée d'hypocrisie, qu'ils fussent hostiles à Boniface^ mais parce qu'ils étaient persuadés que, dans un concile général, éclaterait à tous les yeux l'innocence du pontife ^.
Il est superflu de signaler ce qu'il y avait de faux ou de calomnieux dans la plupart des accusations portées contre le
1. (( Nos Philippus... auditis per vos G. de Plesseiano et antea per dilectum... G. de Nogareto. n