‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 232 sur 416 · Gregorovius, Storia di Roma, t. VI, p · texte numérisé non relu

Gregorovius, Storia di Roma, t. VI, p

lui parût un séjour peu désirable, il continua, après son couronnement, de demeurer en France. C'était se mettre, en quelque sorte, à la discrétion du roi. Philippe n'était pas homme à ne pas profiter de la situation. Il accabla le pape de ses exigences. A Lyon, animé en apparence du zèle de la religion, il avait entretenu Clément d'un projet de croisade pour le recouvrement de la Terre sainte, et, à ce titre, s'était fait attribuer une décime, pendant cinq ans, snr les églises de France '. Il demanda et obtint de nommer à la première prébende vacante dans chacun des chapitres cathédraux ou collégiaux du royaume*, ce qui lui donnait une action directe sur une partie du clergé. Il obtint davantage; cédant à ses sollicitations, le pape se réserva de pourvoir de sa propre autorité à nombre d'évèchés vacants de l'Eglise de France, et il y plaça des créatures du roi ^ Ainsi fit-il, dès l'année 1306, pour les évêchés d'Auxerre, de Bayeux, d'Avranches*, et plus tard pour ceux de Sens, de Cambrai, d'Orléans ^ Favorisant le roi jusque dans la personne de ses proches, il promit le concours du saint-siège à Charles de Valois pour conquérir l'Empire grec, auquel ce prince prétendait du chef de sa femme Catherine de Courtenay. Il lui attribua, à cet effet, une décime pendant deux ans sur les biens que les Templiers et les Hospitaliers possédaient en France, et accorda à tous ceux qui l'aideraient dans cette entreprise les indulgences octroyées pour les guerres de Terre sainte^. En un mot, il ne

1. Raynald. aono 1303, n» 14. Il ne paraît pas douteux que Clément n'ait accordé ces décimes à Philippe à la fin de 1303 ou au commencement de 1306, d'autant que, dans le même moment, il en accordait au roi d'Aragon (Reg. Clément. V, n" 223). au roi de Majorque (ibid., a" 530), à Charles de Valois et au roi d'Angleterre (voy. ci-après).

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