octobre 1306. Baluze, Vitce. t. II, p
La Cour de Kome. — T. II. 21
résic et lui adressa plusieurs autres requêtes, sur lesquelles Clément se montra sans doute d'autant plus disposé à céder qu'il était résolu, ainsi que le prouvèrent les événements, à éluder la première '. Ce qui est certain, c'est que, dès le début de son pontificat, il témoigna pour le roi une complaisance voisine de la servilité. II ne se contenta pas de confirmer l'absolution que lui avait accordée Benoît. Par une bulle du 1" février 130G, il abrogea la constitution Clericis laïcos*. Par une autre du même jour, il déclara que la constitution Unam sanctam n'avait pu porter préjudice au roi et au royaume, ni les rendre plus dépendants de l'Eglise romaine qu'ils ne l'étaient précédemment ^ l^éjà, peu après son couronnement, il avait créé dix cardinaux* dont neuf étaient Français, soumettant ainsi le sacré collège à l'ascendant de Philippe. En outre et sur la demande du monarque, il réintégra les Colonna dans toutes leurs dignités S et permit la reconstruction de Palestrine^; et s'il n'osa, pour le moment, absoudre les auteurs de l'attentat d'Anagni, il abandonna du moins les procédures qui avaient élé commencées contre eux. On ne pouvait davantage abaisser la papauté devant le prince qui l'avait outragée.
En somme, Philippe triomphait. Toutes les bulles que Boniface avait fulminées contre lui ou dont il pouvait craindre l'effet étaient révoquées, et lui ou ses agents étaient absous ou impunis. Là ne s'arrèla pas la complaisance du pontife. Soit qu'il fût lié envers Philippe par quelques secrètes promesses, soit que l'Italie, toujours déchirée par les factions.
1. Voir, h. cp sujet, une lettre de Clément à Philippe du 24 août 1307, Baluze, Vitse, t. II, p. 75. Cf. une lettre de Philippe à Clément, de février 1311, Dupuy, Eist. du différend, p. 298.
2. Regpst. Clément. V, n" 906, editum cura monachorum ordinis S. Benedicti, Romse, 1885 et années suivantes.