‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 234 sur 416 · Baluze, Vitae, t. II, p · texte numérisé non relu

Baluze, Vitae, t. II, p

4. m^t. liltér. t. XXIV, p. 13. Voir à ce sujet, un article de M. d'Arbois de .Jubainville, dans la biblioth. de l'Éc. des chartes, année 1871, p. 84. Le plus ancien exemple que Ton ait en France de l'emploi de cette formule date de 1304. Cf. de Wailly, Éléments de paléographie, t. I, p. 196.

qui viendraient à vaquer dans leurs diocèses. Clément crut pouvoir s'attribuer à lui-même les avantages que sollicitaient ces prélats, et il décida que les revenus de la première année de tous les évèchés, abbayes, prieurés, prébendes, cures et autres bénéfices, qui d'ici à deux ans vaqueraient en Angleterre, seraient dévolus à la chambre apostolique. Aûn de s'assurer à cet égard le bon vouloir d'Edouard P'', il le releva, sur sa demande, du serment que, lors de sa guerre avec la France, il avait fait à ses sujets touchant la confirmation de leurs libertés; alléguant en outre les pieuses dispositions que ce prince, à l'exemple de Philippe, montrait en faveur de la Terre sainte, il lui accorda, pour deux ans, les décimes ecclésiastiques de son royaume K

Cène furent pas les seuls abus par lesquels Clément signala les premiers temps de son pontificat. Les charges ecclésiastiques conférées avant qu'elles fussent vacantes ou, comme on disait, les grâces expectatives, les bénéfices accumulés entre les mains d'un même titulaire, les dispenses d'âge ou de résidence, les commendes, tous ces divers abus prirent alors une proportion inusitée ^ Les commendes, en particulier, furent prodiguées avec un tel excès, que, dix-huit mois après son avènement, le pape, saisi de scrupule, les annula toutes à la fois par une bulle ^, ce qui n'empêcha pas que par la suite elles ne devinssent aussi nombreuses. Il est inutile de dire qu'il était un autre genre d'abus sur lequel Clément ne se fit faute d'imiter ses devanciers. Durant son séjour à Lyon, il avait tiré de fortes sommes d'argent de tous les évêques et abbés que la cérémonie de son couronnement ou des affaires à poursuivre avaient appelés à la cour pontificale". De Lyon il était retourné à Bordeaux, en passant parMàcon,

1. Th. Walsingham, Hist. Angl. anno 1300. — Cf. Thoinassin, De eccles. discipl. circa benef., t. III, p. 463.

2. C'est ce qui ressort manifestement de toute la correspondance de Clément pendant les premières années de son pontificat.

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