‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 239 sur 416 · Gregorovius, Storia di Roma, t. VI, p · texte numérisé non relu

Gregorovius, Storia di Roma, t. VI, p

330 LIVRE TTUITIÈME

s'y établir louL à fait. Une déclaration solennelle notilia ce choix à la chrétienté *,ct, vers la lin de mars 1309, le pontife fit son entrée à Avignon.

Au milieu des soucis que lui causait le despotisme de Philippe, Clément eut du moins la satisfaction de le voir échouer dans une entreprise qui, en augmentant la puissance de ce prince, eût rendu encore plus difficile la situation du saintsiège. En arrivant à Poitiers, Philippe avait apprisque l'Empire était devenu vacant par la mort d'Albert d'Autriche -. Il forma aussitôt le projet de faire élire roi des Romains son frère Charles de Valois, qui, veuf alors de Catherine de Courtonay ^ semblait avoir renoncé à ses prétentions sur Constantinople. Il jugeait d'ailleurs plus profitable à sa politique d'asseoir son frère sur le trône impérial et d'étendre par ce moyen son influence en Allemagne. L'un de ses conseillers alla jusqu'à l'engager à se faire lui-môme empereur, en persuadant au pape de casser les pouvoirs des électeurs et de le nommer d'autorité'*. Philippe, plus prudent, demeura dans son premier dessein et sollicita le concours de Clément. Le faible pontife écrivit aux princes et aux évoques d'outre-Rhin pour plaider la cause de Charles de Valois '\ Il est vrai que, tout en paraissant le favoriser, il aurait, au dire de Villani, travaillé en secret contre lui ^ De son côté, Philippe dépêcha

1. « Judicatum fuit per papain cum collegio quod curia transferretur Avenionem, et hoc pronunciatum fuit ex ore summi pontificis. » Baluze, Vitae, t. I, p. 31. Voy. Christophe, Hisl. de la papauté an xiv^ siècle, t. I, p. 213-218.

2. Il périt assassiné le 1" mai 1308. Voy. Zeller, Hisl. d'Allem., t. VI, p. 25.^-

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