Catherine était morte le 2 janvier
4. Voy. le mémoire que Pierre Du Bois adressait à ce sujet à Philippe le Bel, Not. et extr. des mss. t. XX, 2' part. p. 186-188.
5. Voir, dans Leibnitz, Cod. jur. gent. dipl., mantissa, pars altéra, p. 241-243, une lettre de Clément à Philippe, datée du 1" octobre 1308, d'où il résulte qu'il écrivit aux archevêques de Cologne, de Mayence et de Trêves, au margrave de Brandebourg, et aux ducs de Saxe et de Bavière, a pro, ut... Pictavis nos instanter rogaveras,.. nominando specialiter ipsum comitem (Garolum). « Cf. A. Leroux, Rechercher critiques sur les relations politiques de la France avec V Allemagne, p. 126-131, in-8"', 1882.
6. Si vraisemblable que soit cette assertion de Villani (1. Vlil, c. 101),
aux électeurs des députés, auxquels il donna tout pouvoir pour acheter leurs suffrages *.Mais les grands de l'Allemagne, qui redoutaient, on désignant Charles de Valois, d'avoir Philippe pour maître, et qui, selon leur coutume, préféraient un prince faible, portèrent leurs suffrages sur le comte Henri de Luxembourg ^ Couronné sous le nom de Henri Vil à Aix-la- Chapelle, le nouveau roi des Romains ne tarda pas à envoyer des ambassadeurs notifier son élection au pape, qui, sans en avertir le roi de France, la ratifia par une bulle du 26 juillet 1309 et promit de conférer à Henri la couronne impériale à Rome après le concile général ^ Ces mêmes ambassadeurs, selon les instructions de leur souverain, souscrivirent en son nom un acte par lequel il confirmait toutes les donations de villes et de territoires faites au saint-siège par les anciens empereurs, depuis et y compris Constantin, et s'engageait à défendre les droits et la personne du pontife contre tous ses ennemis*. Clément ne voyait pas seulement les desseins ambitieux de Philippe déjoués par cette élection ; il crut avoir désormais un appui pour se garder, au besoin, des menées du roi de France.
C'était là une illusion; car les engagements pris par Henri de Luxembourg n'étaient que la répétition de ceux qu'avaient contractés ses prédécesseurs et qui, en aucun temps, n'avaient été une protection pour le saint-siège. En vue d'étendre les
elle ne repose sur aucun texte positif. On peut seulement affirmer, d'après la lettre de Clément citée ci-dessus, que, dés qu'il connut la candidature de Henri de Luxembourg, il refusa, malgré les instances de Philippe et sous apparence d'impartialiîé, de rien faire pour en empêcher le succès.
1. Not. et extr. des mss. loc. cit. p. 189. Philippe donna en outre à son frère, dans le même but, la somme de 10,500 livres tournois. Ibid. p. 190.
•2. Élu le 13 novembre 1308, Henri fut couronné à Aix-la-Chapelle le 6 janvier 1309. Voy. Zeller, ibid., p. 260 et ss.
3. Tbeiner, Cod. dipl. dom. temp. t. I, p. 417-419. Les ambassadeurs arrivèrent à Avignon en juin. Voy. dans Boutaric, Clément V, etc., p. 60 et suiv. le curieux document attestant combien Philippe fut mécontent de l'empressement du pape à reconnaître le nouveau roi des Romains, et combien, de son côté. Clément se félicitait de cette élection.
4. Raynald. anno 1309, n» 11, 12. Cf. Boutaric. loc. cit p. 71.
La. Cour de Rome. — T. II. 22
avantages qu'il espérait de cette élection, Clément chercha à nouer une alliance entre le nouveau roi des Romains et Robert d'Anjou qui venait de succéder à son jpère, Charles le Boiteux, sur le trône de X aples, et qui s'était présenté à Avignon pour y prêter serment de vassalité ^ Par l'union de ces deux princes, il se flattait tout à la fois de comprimer les factions qui désolaient l'Italie et d'y relever le pouvoir temporel de l'Eglise romaine ^ En ce moment même, il remportait au delà des Alpes une victoire qui ajouta encore à ses espérances. Les Vénitiens s'étant emparés de Ferrare et les seigneurs d'Esté, qu'ils en avaient dépossédés, ayant invoqué son appui, il força les Vénitiens d'abandonner leur conquête et du même coup fit reconnaître les droits de suzeraineté que le saintsiège revendiquait de longue date sur celte cité. Mais par quels moyens déplorables ! Après plusieurs avertissements inutiles adressés aux Vénitiens, il fulmina une bulle par laquelle ils étaient mis en demeure, dans le délai d'un mois, d'évacuer Ferrare; si, passé ce délai, ils refusaient d'obéir, non seulement le doge et le sénat de Venise étaient excommuniés et la ville de Venise avec son territoire placée sous l'interdit, mais tous les Vénitiens étaient déclarés infâmes, frappés comme tels de mort civile et leurs enfants privés de tout office ecclésiastique et séculier jusqu'à la quatrième génération; enfin, dans le cas où ils persisteraient un second mois dans leur rébellion, tous leurs biens étaient confisqués et appel serait fait aux armes des catholiques pour châtier leur résistance^. Ces menaces n'ayant pas eu l'effet qu'il en
1. Ce fut le 26 août 1309 que Robert prêta foi et hommage au pape. Charles le Boiteux était mort le 5 mai précédent.
2. Clément avait conçu le projet d'un mariage entre le fils de Henri VII et une fille de Robert, dans la pensée que « ex quo (matrimonio) pax inter Guibelinos et Guelfos poteratprovenire. » Voy. dans Boutaric, Clément F.etc, p. 73, le document déjà cité. Dans ce même document, p. 70, 71, le pape dit qu'il a confirmé l'élection de Henri VII « pour l'honneur et la défense de l'Église et pour établir la paix parmi les Italiens. »
3. 27 mars 1309. Cette bulle fut renouvelée le 8 mai suivant. Bzovius, Contin. annal. Baron.anno 1309, n» 3, 4. — Baluze, Vitsepapar. avenion. t. I,
attenJail, le pape envoya on Italie son neveu, le cardinal de Pellegrue, avec ordre de prêcher la croisade contre les Vénitiens. Une foule d'aventuriers accoururent sous les drapeaux du légat, qui, aidé des contingents de Bologne et de Florence, ennemies de Venise, défit les rebelles, le 28 août 1309, à la bataille de Francolino et leur reprit Ferrare, Telles étaient les extrémités auxquelles la papauté se voyait alors réduite pour se faire obéir ou recouvrer ses droits i.
Cependant on faisait par toute l'Europe le procès aux Templiers. Des commissions désignées par le pape, et composées pour la plupart de hauts prélats auxquels étaient adjoints des inquisiteurs, avaient été chargées d'interroger les accusés, dont l'absolution ou la condamnation devait être ensuite prononcée dans des conciles provinciaux -. Si la torture, en usage depuis Innocent IV dans les procès d'hérésie, arracha aux uns des aveux qui semblaient établir leur culpabilité, les autres en plus grand nombre opposèrent d'énergiques dénégations aux crimes qu'on leur imputait. Le clergé, dans cette circonstance, s'honora plus d'une fois par sa clémence ou son intégrité. En Angleterre, où régnait alors Edouard II ^ en Espagne, en Allemagne, en Italie, la plupart des synodes appelés à rendre leur jugement sur les Templiers les renvoyèrent absous ou intercédèrent pour eux auprès du pape. Il n'en fut pas de même en France, où le clergé, soumis à l'influence du roi, se montra plus sévère, et où la torture fut aussi plus cruelle. Le 12 mai 1310, quarante-cinq chevaliers de l'ordre, condamnés dans un synode que présidait à Paris l'archevêque de Sens, créature de Philippe, furent livrés au bras séculier et brûlés vifs. Jusqu'au dernier moment, ils protes-
p. 32, 69, 608, 643. - Murât. Annali d'Italia, anno 1309. — Cf. G. Villani, 1. VIII, c. 101, 115.
1. L'évêque de Butrinto écrivait à ce sujet en 1313 : u Les Italiens, s'inquiètent peu des excommunications ; si le glaive matériel ne les force d'obéir, le glaive spirituel n'est rien pour eux. «Murât, rer. ital. t. IX, p. 903.