Baluze, ièîd. p
posé, comme Clément, à résider en France; et il est vraisemblable que, par son influence ou au besoin par la contrainte, il en eût liàté la désignation, quand il vint à mourir le 29 novembre 1314.
Tandis que la vacance du saint-siège menaçait ainsi de se prolonger, on procédait en Allemagne à l'élection d'un nouveau roi des Romains. Non moins divisés entre eux que l'étaient les membres du sacré collège, les princes ecclésiastiques et séculiers de l'Allemagne étaient restés plus d'une année, après la morldcITenri de Luxembourg, sans lui donner de successeur. A la fin, faute de pouvoir s'accorder, ils partagèrent leurs suffrages entre un petit-fils de Rodolfe de Habsbourg, Frédéric, duc d'Autriche, et Louis, duc de Bavière ^ Élus, l'un et l'autre, en octobre 1314, ils furent couronnés dans le mois môme oij expirait Philippe le Bel, le premier à Bonn de la main de l'archevêque de Cologne, le second à Aix-Ia-ChapcUe de la main de l'archevêque de Mayence. De cette double élection naquit une guerre civile, qui, pendant sept années, devait agiter l'Allemagne 2. C'était la deuxième fois, depuis la mort de Rodolphe, que la succession à l'Empire se décidait sans la participation du saint-siège.
Les cardinaux eurent du moins la sagesse d'épargner un schisme à l'Eglise; mais ils furent plus lents à se résoudre. Louis X le Hutin, qui avait succédé à Philippe le Bel, partageait sans doute les idées du feu roi sur le choix du futur pape; et, dès les premiers jours de l'année 1315, l'évêquedeSoissons et deux autres ambassadeurs se rendaient en son nom auprès des-cardinaux pour les presser de donner un chef à l'Eglise ^ Au dire d'un contemporain, le roi de Naples, Robert, qui, comme le roi de France, était intéressé à l'élection, intervint également ^. Ces démarches furent inutiles, et les membres
1. Frédéric fat éla roi des Romains le 19 octobre 1314, et Louis le 20, Zeller. Hist. d'Allem. t. VI, p. 282,283.