Ferr. Vicent., Murât, rer. ital. t. IX, p
du sacré collège demeurèrent encore toute une année dans la même inaction. L'on avait été si souvent témoin de ces vacances pontificales, qu'elles ne produisaient plus cet étonnemont, môle d'indignation, que les premières avaient causé. Elles ne laissaient pas, comme on le pense, de nuire, dans les esprits, à la considération du saint-siège. Louis X se détermina enfin à envoyer vers les cardinaux, non plus des ambassadeurs, mais son propre frère, Philippe le Long, comte de Poitiers. Ce prince réussit, non sans difficulté, aies attirer à Lyon, après s'être engagé par serment à ne pas les tenir enfermés en conclave. Ils ne s'entendirent pas davantage, et Louis X mourut i sans qu'un pape fût nommé. Philippe le Long, appelé à Paris comme régent du royaume, — titre qu'il allait bientôt échanger pour celui de roi, — ne voulut pas s'éloigner de Lyon avant d'avoir assuré l'élection du pape. Ses conseillers lui disant qu'il n'était pas obligé d'observer un serment contraire aux intérêts de la foi, il fit venir les cardinaux dans un des couvents de la ville, et, quand ils furent rassemblés, il leur signifia qu'ils n'en sortiraient pas jusqu'à ce qu'ils eussent donné un pasteur à l'Eglise; il remit ensuite au comte de Forez la garde du conclave et partit pour Paris 2. Cette mesure énergique eut le résultat qu'il en avait attendu. Après quarante-huit jours de clôture, les membres du sacré collège se décidèrent à porter leurs suffrages sur le cardinal Jacques d'Euse, originaire de Cahors, qui prit le nom de Jean XXII. Il y avait alors deux ans, trois mois et dix-sept jours que le saint-siège était vacant.
Élu le 7 août 1316, le nouveau pontife fut couronné à Lyon le 5 septembre suivant. Très instruit pour son temps, moins éclairé cependant sur la théologie que sur le droit et la médecine, plus apte, comme on l'a dit, à conduire une université