Parad. chant xxvii
ques. Indépendamment de la levée des décimes qui avaient été imposées par le concile de Vienne en vue de la croisade décidée contre les Infidèles^,, il avait, au lendemain de son avènement, écrit on Angleterre, en Irlande, on Suède, en Norvège, en Danemark, en Pologne, pour exiger le tribut que, sous le nom de « denier de saint Pierre » le saint-siège y recevait autrefois de la piété des fidèles ^ De même, en rappelant à Edouard II que l'Angleterre était feudataire de l'Eglise romaine, il avait réclamé, à titre de cens, un arrérage de vingtquatre mille marcs sterling, dont il est vrai que mille seulement furent acquittés par ce prince, qui se contenta de promettre le reste et sut en outre éluder la prestation du serment de vassalité ^ Le roi de Naples, Robert, avait également, à ce titre, payé deux mille onces d'or •*. Par tous ces divers moyens, Jean amassa un trésor qui, d'après les contemporains et à ne citer que les chiffres les plus modérés, s'élevait, à sa mort, à quinze millions de florins ^ Encore ce chiffre ne devait-il représenter que le trésor particulier du pape; car les cardinaux avaient leur part dans lesreve-
i. Le 10 avril 1318, le pape manilait à l'évéque d'Auxerre et à l'abbé de Saint-Denis, chargés de lever en France les décimes imposées par Clément V pour la croisade, de prêter sur ces décimes 100,000 florins à Philippe le Long et d'envoyer le reste à Avignon. Archives nationales, à Paris, L 298, n» 14.
2. Piaynald. anno, 1317, n° 49. Voir, ibid., la lettre adressée à ce sujet par le pape au roi de Suède, et qui est datée du mois de février de cette année.