Id. anno 1316, n
5. Villani, loc. cit., compte 25 millions, dont 18 en or monnayé et 7 en joyaux- et autres objets précieux ; Galv. de Flamna (Murât, rer. ital. t. XII, p. 1009) compte 22 millions sans y comprendre les joyaux; Albert de Strasbourg (Citron, ap. Urstisius, t. II. p. l:2.j), ordinairement bien informé, compte n millions, et Baonconte Monaldeschi (Murât, ibid. p. o37), 15 millions. Ces deux derniers semblent n'avoir eu en vue que l'or monnayé. Parlant des chifi'res donnés par Villani, M. Maurice Faucon, qui a compulsé les registres de dépenses de la cour d'Avignon, estime ces chiffres acceptables en ce qui regarde les joyaux et les autres objets de prix {Librairie des papes d'Avignon, t. I, p. 40, note 3, Thorin, 1886). D'après cela, Villani, Albert de Strasbourg et Monaldeschi seraient presque d'accord sur la quantité d'or monnayé. Mais les éléments font défaut pour contrôler l'exactitude de ces évaluations.
nus perçus parle saint-siège i. Ainsi s'était par degrés transformée la cour de Rome. Après s'être proposé comme but la direction morale et religieuse du monde, elle n'avait cherché que la domination, et maintenant elle semblait s'abaisser au rôle d'une compagnie financière exploitant en commun le fonds de la chrétienté ^
A la vérité, si l'on en croit Villani, c'était pour subvenir aux frais de l'expédition de Terre sainte que Jean se montrait aussi attentif à enrichir le trésor apostolique. Dans les premières lettres adressées par lui aux princes et aux évoques, il avait annoncé en effet que son vœu le plus cher était de réaliser à cet égard la pensée de son prédécesseur 3, et. à plusieurs reprises, durant son pontificat, il manifesta ces sentiments. Toutefois l'on put constater que son zèle sur ce point était moindre que sa prudence. Au commencement de l'année 1318, le roi d'Arménie, que menaçaient alors les Turcs, ayant envoyé des ambassadeurs en Occident pour hâter l'expédition projetée, Philippe le Long, qui s'était déjà croisé du vivant de son père, fit savoir au pape qu'il était dans l'intention de s'armer contre les Infidèles. Jean l'en dissuada par une lettre dans laquelle il disait : « Nous rendons grâces au ciel qui vous inspire le pieux désir de secourir la Terre sainte. Mais il convient que vous considériez dans quelles difficultés vous allez vous engager. C'est surtout pour une entreprise de cette nature que la paix est nécessaire entre les princes. Or cette paix si souhaitable est à peu près bannie de la chrétienté. Ce ne sont que guerres ou préparatifs de guerres. » Puis, montrant l'Allemagne déchirée par une double
1 C'est ainsi que, sur les servitia versés en cour de Rome, il y avait une somiîle pour le pape et une autre pour le collège des cardinaux, payées chacune à des trésoriers distincts. Baluze, VUœ, t. I, p. 744. Voy. ibid. t. II, p. 379-388, et 409-423. les testaments de deux cardinaux, datés le premier dé l'année 'l320, le second de 1321, et par lesquels on peut juger de la fortune et du train de maison qu'avaient alors les membres du sacré collège.