‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 275 sur 416 · Raynald. anno 1324, n" 18; anno 1325, n · texte numérisé non relu

Raynald. anno 1324, n" 18; anno 1325, n

l'Europe fût un ()l)slac]e au recouvrement de la Terre sainte, non content d'avoir porté la guerre en Italie, l'excitait en Allemagne. Il fit plus; se fondant sur la prétendue vacance de l'Empire, il résolut de faire élire un autre roi des Romains. Son choix se porta sur le roi de France, Charles IV le Bel, qui entra dans ce dessein et eut, à ce sujet, une entrevue avec Léopold d'Autriche, l'un des frères de Frédéric, le vaincu de Mulhdorflfi. A la suite de cette entrevue, un traité fut conclu, par lequel Charles s'engageait à verser des sommes déterminées aux princes qui favoriseraient son élection et à leur distril)ucr en outre diverses terres de l'Empire. Mais, quand le moment vint de procéder à l'élection, le pontife, qui avait envoyé un légat pour la préparer, se heurta aux plus vives résistances ^. Offensés que le chef de l'Eglise voulût leur imposer un maître, ceux des princes qui soutenaient Louis de Bavière se rallièrent plus étroitement à sa cause ^. De son côté, Louis, en vue de s'affermir en Allemagne, prit une mesure dont le pape chercha vainement à empêcher l'effet. Par une convention du mois d'avril 1325, il rendit la liherté à Frédéric d'Autriche, gardé jusqu'ici comme prisonnier, à la condition par lui de renoncer à l'Empire. Ce prince, qui avait craint pour sa vie, servit dès lors les intérêts de son ancien rival; et le pape dut, au moins pour le moment, renoncer au projet qu'il avait conçu, comme Charles à la fortune qu'il avait espérée ^.

Loin que des défections parussent se produire dans son parti, Louis voyait, au contraire, grossir le nombre de ses adhérents. Sa cour devint bientôt le refuge do tous ceux qui, à des titres divers, se disaient les ennemis du pape. Les anciens

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