‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 277 sur 416 · Raynald. anno 1325, n · texte numérisé non relu

Raynald. anno 1325, n

LE SAINT-SIÈGE A AVIGxNOX 395

Spirituels, ceux des Franciscains conventuels qui avaient attaqué le plus vivement les constitutions du pontife sur la pauvreté parfaite, les Fraticelles, à l'occasion desquels ce débat avait été soulevé et qui prirent dès lors une plus grande hardiesse \ se rendirent en foule auprès du monarque allemand. Ils l'animèrent do leurs rancunes, le séduisirent par leurs doctrines, qualifiant le Pape d'hérétique et d'antéchrist, disant que le saint-siège, et non l'Empire, était vacant, conjurant Louis d'abattre (( la prostituée de Babylone » et le poussant aux mesures violentes '. Instruit de ces menées, Jean crut en intimider les auteurs en flétrissant par une condamnation solennelle la mémoire de l'homme dont les Fraticelles et, avec eux, tant d'autres sectaires n'avaient cessé, depuis quelques années, d'invoquer les écrits. Il fit examiner le Commentaire de Pierre Olive sur l'Apocalypse par des théologiens, qui le déclarèrent hérétique et infecté de doctrines contraires au pouvoir du saint-siège et à l'unité de l'Eglise ^ Cette condamnation, prononcée le 8 février 1326, ne suffit pas au pontife. Comme le tombeau de Pierre Olive était, de la part de ses adeptes, l'objet d'un culte religieux, il ordonna d'exhumer les restes mortels qu'il renfermait etles fit brûler publiquement à Narbonne ■*. Do telles sévérités n'étaient pas propres à calmer les passions. A cette foule de moines que le ressentiment avait conduits à la cour de Louis et qu'avaient suivis un certain nombre de clercs, vinrent se joindre des docteurs séculiers, hostiles par principe aux prétentions temporelles du saint-siège. Parmi ces derniers se trouvaient Marsile de Padoue, qui avait été recteur à l'université de Paris, et Jean de

1. Le P. Ehrie, dans l'étude intitulée Die Spiritualen, îhr Verhseltniss zum Franciscanerorden und zu den Fraticellen, a très justement établi que, dans les agitations religieuses de ce temps, les Fraticelles succèdent aux Spirituels et forment un parti qui n'apparaît au grand jour que depuis les débats de 1321. Voir, dans la llevue historique, année 1890, t. 43, p. 403-406, l'analyse substantielle qu'a donnée de ce travail M. Charles Molinier.

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