Fin janvier 1226. Ricc. de S. Germ
o. Mars 1226. Hist. dipl. t. II, p. 548, 549. Cf. Ricc. de S. Germ. 6. Le 15 février 1226, Honorius revenait siéger au palais de Latran.
comme une dépendance do l'Empire, et sans doute il comprit alors la faute qu'il avait commise en tolérant la réunion des deux couronnes de Sicile et d'Allemagne. Mais, quand il vit le monarque, par cet appel au contingent du duché de Spolète, agir en souverain direct des États de l'Eglise, il sortit de son silence. Cet empiétement hardi sur les droits du saint-siège lui lit craindre des usurpations plus graves. Coup sur coup, il adressa à l'empereur deux lettres véhémentes, dans lesquelles, lui reprochant de tralnr ses'serments envers l'Eglise romaine, et lui rappelant de quelle manière Dieu avait puni Frédéric Barberousse et Henri VI qui s'étaient rendus coupables des mêmes témérités, il l'exhortait à ne pas s'exposer à un semblable châtiment et lui signifiait que, s'il ne cessait d'attenter aux droits apostoliques, il n'hésiterait pas à le frapper d'anathème ^
Frédéric ne voulut pas affronter une sentence dont les effets eussent pu nuire au succès de son expédition en Lombardie. Mais, arrêté par Honorius dans ses entreprises sur l'Italie centrale, il le fut par les Lombards dans ses entreprises sur la Haute Italie. Les villes guelfes du nord de la péninsule s'étaient émues de l'approche de l'empereur. Se concertant pour défendre leurs libertés. Milan, Brescia, Bologne, Mantoue, Padoue, Vicence, Trévise renouvelèrent, pour une durée de vingt-cinq ans, cette ancienne ligue lombarde qui déjà plusieurs fois avait tenu l'Empire en échec, et que Faenza, Alexandrie, Verceil, Lodi, Bergame, Turin fortifièrent bientôt de leur adhésion-. Leurs milices gardèrent les passages des Alpes par lesquels les Allemands devaient descendre en Italie, et, en empêchant la jonction du roi des Romains Henri avec l'empereur, firent avorter la diète de Crémone. Sans qu'il y eût entente entre le saint-siège et les villes confédérées, ces mômes cités, qui jadis s'étaient séparées d'Innocent III pour soutenir Otton, se trouvaient ainsi
1. Lettres du pape à Frédéric en avril et mai 12:26, Hist. dipL t. II, 552,