G. Villani, 1. X, c
lut une cour brillaiile, des officiers, des clievaux, une laljie somptueuse, de nombreux serviteurs. Ses cardinaux manifestèrent les mêmes exigences. L'empereur s'elibrça d'abord d'y satisfaire; mais les ressources dont il disposait étaient limitées, et l'antipape, pour subvenir aux dépenses de sa nouvelle cour, ne craignit pas, par une autre imitation des procédés de son adversaire, de livrer à prix d'argent les [)rivilèges, les bénéfices et les dignités de l'Eglise '.
En apprenant l'intrusion d'un autre pape sur la chaire apostolique, Juan avait ordonné des prières dans toute Ja catholicité ^. Il y avait alors un siècle et demi qu'un pareil événement n'avait troublé l'Eglise. Mais Louis de Bavière, qui avait fait ce que ni Frédéric II, ni Philippe le Bel, au plus fort de leur querelle avec le saint-siège, n'avaient osé entreprendre, était loin de les égaler en puissance. Les moyens mômes dont il s'était servi pour renverser Jean XXII allèrent contre le but qu'il avait voulu atteindre. Ce n'est pas que les abus reprochés par lui au chef de l'Eglise ne fussent réels, ni qu'il n'eût raison de les flétrir ; mais on sentait qu'ils n'avaient été qu'un prétexte à son inimitié et un secours à son ressentiment. En prononçant la déposition de Jean XXII et en lui donnant un successeur sans chercher à s'appuyer du concours de l'Eglise, il s'était privé de ce qui seul eût pu aider au succès de ses desseins. L'exemple d'Otton dont il s'était prévalu ne lui était pas favorable ; car, dans la condamnation de Jean XII, Otton n'avait été que l'exécuteur d'une sentence rendue par un concile. Il n'échappa à personne que le nouveau pape était uniquement celui de l'empereur et des Fraticelles, ainsi (|ue des Frères mineurs hostiles à Jean XXII. Le schisme fut ainsi sans action sur l'Occident,'et aucun des États de l'Europe n'y prit part. Il y a plus ; en Italie, ni les cités gibelines, ni Frédéric de Sicile ne reconnurent, au moins ouvertement, l'élection de Pierre