‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 289 sur 416 · Juin 1328. Raynald. eod. anno, n · texte numérisé non relu

Juin 1328. Raynald. eod. anno, n

do Corbière. Les Romains eux-mêmes, malgré leur apparente adhésion, étrangers d'ailleurs aux discussions de doctrine sur la pauvreté parfaite, avaient été étonnés qu'on déposât comme hérétique un pontife dont le principal tort à leurs yeux était d'avoir déserté leur ville ^ Encore cette déposition ne laissa-t-clle pas de soulever parmi eux certaines protestations. Louis avait fait afficher à l'église Saint-Pierre la sentence qui condamnait Jean XXII 2. Un noble romain, chanoine de Saint-Jean-de-Latran, eut la hardiesse de lire en présence du peuple, sur l'une des places de la ville, la dernière bulle du pape contre Louis, bulle que personne n'avait osé encore publier à Rome ; après quoi, déclarant que Jean était orthodoxe et pape légitime et que Louis n'avait pas le droit de se dire empereur, s'offrant même à le prouver par des arguments et au besoin par l'épée, il alla afficher la bulle à la porte d'une église voisine, puis monta à cheval et sortit de Rome, sans qu'aucun des assistants se fût opposé à cet acte de hardiesse ^

En descendant en Italie, Louis ne s'était pas uniquement proposé de ceindre la couronne impériale et de renverser Jean XXII ; son dessein était encore de rétablir dans la péninsule l'ancienne puissance de l'Empire. Il voulut alors exécuter la seconde partie de son entreprise. Mais, à partir de ce moment, la fortune qui l'avait accompagné parut l'abandonner. Déjà, durant son séjour à Milan, il avait excité les défiances des Gibelins en jetant dans les fers Galéaz Visconti qu'il soupçonnait de le trahir. De lourdes contributions dont il avait, sur sa route, frappé imprudemment les villes attachées à son parti, avaient soulevé aussi plus d'un mécontentement^. Au tort d'indisposer ses alliés il ajouta ce-

1. (( Dalla rletta sentenzia le simplice popolo ne fece grande festa. » G. Vil lani, 1. X, c. 69. — Qregorovius, Storia di Roma, t. VI, p. 192.

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