‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 303 sur 416 · Galv. de la Flamma, Mura), rer. ital. t. XII, p · texte numérisé non relu

Galv. de la Flamma, Mura), rer. ital. t. XII, p

ayant consulta d'abord dix maîtres en théologie, menaça Eudes de ses sévérités et déclara que, si le pape persistait dans cette opinion, il le regarderait comme hérétique K II disait, non sans quelque semblant de raison, que, si les saints étaient privés de la vue de Dieu, il était inutile d'avoir recours, par la prière, à leur intercession. Il adressa au pontife une lettre par laquelle il l'invitait à laisser ces questions, ajoutant que la mission du chef de l'Eglise était de terminer les disputes et non de les provoquer -. 11 alla plus loin; il réunit à Vincennes tous les docteurs en théologie, évoques et abbés qui se trouvaient à Paris, et, l'assemblée ayant émis sur la vision béatifique des conclusions contraires au sentiment du pontife, il en fit dresser un acte authentique qu'il envoya à Avignon. C'était prendre en quelque manière, à la place du pape et contre lui, le rôle de défenseur de l'orthodoxie ^

En Allemagne cette querelle théologique faillit avoir de bien autres conséquences. Michel de Gésène, Bonnegrace de Bergame et les autres religieux réfugiés à la cour de Louis de Bavière ne manquèrent pas de se prévaloir contre le pape des doctrines qu'il avait si imprudemment soutenues. H y a plus ; d'après des témoignages dignes de foi, les ennemis de Jean XXII virent là une occasion favorable pour le faire de nouveau déclarer hérétique et le déposer du pontificat. Pierre de Corbière venait de mourir, et c'était peut-être encore un motif qui les encourageait à ce dessein. Louis, irrité des intrigues que Jean XXII ourdissait alors en Allemagne pour l'élection d'un autre roi des Romains, entra dans un projet qui s'accordait avec ses ressentiments, et il trouva des complices jusque dans la cour d'Avignon. Le cardinal Xapoléon des Ursins, qui ne pardonnait pas au pape de tenir le saintsiège éloigné de l'Italie, s'associa au complot et devait s'efforcer d'y entraîner les autres cardinaux. Le plan était de

1. Guil. de Nang. Chron. contin. anno 1333. — G. Villani, 1. X, c. 226.

2. G. Villani, ibid. Le roi de Naples, paraît-il, écrivit une lettre semblable au pontife.

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