‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 310 sur 416 · Baluze, Miscell. t. II, p · texte numérisé non relu

Baluze, Miscell. t. II, p

Jean XXII avait imprudemment soulevés par ses doctrines sur la vision béatifique. Il ne se borna pas à exposer, dans un sermon, des opinions contraires à celles do son prédécesseur; il appela auprès de lui des théologiens et, après de longues conférences, publia, le 29 janvier 133G, dans un consistoire solennel, une bulle par laquelle, confirmant la doctrine des Pères et celle de toute l'Église, il mit fin à des disputes qui avaient failli devenir pour le saint-siège une cause de péril ^

Ce n'était pas uniquement par ces tentatives de réforme que Benoît annonçait une conduite différente de celle de Jean XXII. Les hérétiques ne furent plus au même degré l'objet des rigueurs pontificales. Non que sa piété ne s'émût des erreurs qui pouvaient égarer les fidèles, ni qu'il ne prit soin d'en arrêter le cours. Dans le midi de la France, en Italie, en Allemagne, les évêques, ainsi que les inquisiteurs, reçurent l'injonction de réprimer l'hérésie, et les princes furent exhortés aies seconder de leur appui ^. Des juges de la foi furent même établis en Bohème, où des erreurs particulières commençaient à s'introduire ^ L'Irlande, jusque-là si orthodoxe, voyait également s'élever chez elle de nouveaux sectaires, qui professaient sur le Christ, sur l'Eucharistie, des doctrines condamnables et prétendaient qu'on n'était pas obligé d'obéir à l'Église romaine. Benoît écrivit au roi d'Angleterre, Edouard III, et, alléguant que l'inquisition n'avait pas été instituée dans ses Etats, lui demanda de prêter son concours aux évêques de l'Irlande pour y maintenir la pureté de la foi ^. Il demanda de même au roi de Naples, Robert, de

1. Piaynald. anno 1333, n» 8; 1336, n<>2-3. Jean XXII, la veille de sa mort, avait déclaré qu'il rétractait tout ce qu'il avait pu dire, à ce sujet, de contraire à la foi. Mais cette déclaration n'ayant pa, en raison de la mort du pape, être publiée sous forme de bulle, la question de la vision béatilîque était, par cela même, non résolue aux yeux de l'Église. Baluze, Vitœ, t. I, p. 198.

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