novembre 1335. Raynald. eod. anno, u
s'opposer aux menées des Fraticelles, qui, en dépit des poursuites que Jean XXII avait dirigées contre eux, s'étaient alors répandus en grand nombre dans les diverses parties de l'Italie *. Mais, par ces sévérités, il cliercha moins à atteindre les personnes qu'à combattre les doctrines. Il ne chercha pas, comme son prédécesseur, à frapper, sous prétexte d'hérésie, les adversaires politiques du saint-siège; on ne le vit pas enfin, à son exemple, ordonner directement les supplices, et l'on a pu dire qu'il avait ajouté à ses mérites celui d'avoir voulu adoucir les rigueurs de l'inquisition 2.
Une autre pensée de Benoît était de reporter en Italie le siège apostolique. Dans les premiers mois qui suivirent son avènement, les Romains lui ayant envoyé une députation pour lui demander, comme jadis à Jean XXII, de venir habiter leur ville, il promit de satisfaire à leurs vœux '. Mais, quand il voulut mettre cette promesse à exécution, il rencontra chez les cardinaux une si vive opposition, qu'il en fut ébranlé. « Par votre persistance à rester en deçà des monts, leur dit-il, vous ne savez pas à quels dangers et à quels scandales vous exposez l'Eglise ^. » A la vérité, Rome, déchirée en ce moment par la lutte acharnée que s'y livraient de nouveau le parti des Orsini et celui des Golonna et où l'autorité du roi de Naples venait d'être renversée ^ n'était pas un lieu qui dût plaire à des hommes habitués au calme et riant séjour d'Avignon. C'est à cette occasion que Pétrarque, alors au début de sa renommée, adressa au pape cette épître en vers latins, dans laquelle Rome était représentée sous les traits d'une femme désolée, implorant le retour de son époux et, à défaut d'une beauté que le malheur avait flétrie, lui offrant son amour \ Sans renoncer tout à fait à ses résolutions,