‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 312 sur 416 · Garm. 1. I, ep · texte numérisé non relu

Garm. 1. I, ep

Benoît eut l'idée do se fixer à Bologne, et il lit savoir aux citoyens de cette cité qu'il était disposé à résider parmi eux, s'il pouvait être assuré do leur obéissance. Les envoyés du pape trouvèrent les Bolonais encore pleins de cet esprit de révolte qui les avait soulevés sur la fin du dernier pontificat et qui agitait également presque toutes les autres villes de l'État ecclésiastique K Abandonnant enfin ses projets, Benoît se décida, non sans regret, à rester dans Avignon et commença la construction de ce château des Dons, à la fois palais et forteresse, qui, remplaçant l'ancien palais épiscopal qu'avait habité Jean XXll, devait désormais servir de demeure au chef de l'Église-.

Tout en se décidant à résider en deçà des Alpes, Benoît ne laissa pas de donner à l'Italie des marques de sa sollicitude. Dès le mois de juillet 1335, il envoyait à Rome l'archevêque d'Embrun y faire appel aux sentiments d'union, et, par l'intermédiaire de ce sage et digne prélat, réussissait à faire conclure une trêve entre la faction des Orsini et celle des Golonna ^ Il ne chercha pas à rétablir l'autorité du roi de Naples auquel il savait que le peuple était hostile ; et, ayant reçu, quelque temps après, une seconde ambassade des Romains qui venait lui offrir à lui-même la dignité de sénateur, il en remit les fonctions, dans un but de conciliation, à deux délégués pris dans l'un et l'autre parti ^ Il est vrai que, malgré ses soins, les luttes, un moment suspendues, ne tardèrent pas à renaître. A l'égard des provinces ecclésiastiques, loin de recourir à la force pour les replacer sous son obéissance, il ne chercha également qu'à y ramener la paix, et alla jusqu'à prescrire une enquête sur les excès dont, sous

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