‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 323 sur 416 · Mars 1340. Raynald. eod. anno, n° 4-7. Cf. ibid. n · texte numérisé non relu

Mars 1340. Raynald. eod. anno, n° 4-7. Cf. ibid. n

6. Lettre du pape à Louis de Bavière, avril 1340. Raynald. eod. anno, n» 68.

7. Voy. Raynald. ibid. n» 9-15, an acte qu'Edouard adressa au pape et par lequel il essayait de prouver ses droits à la courouue de France.

(1er à repousser tant d'ennemis conjurés contre lui, l'autorisa à prélever une décime pendant deux ans sur le clergé de son royaume ^ Il persista toutefois à lui refuser celles qui avaient été perçues pour la Terre sainte, lui répétant que jamais le saint-siège ne consentirait à une telle impiété 2. Peut-être ne voulait il, par ce refus, que dégager sa responsabilité aux yeux des fidèles; car il ne devait pas ignorer que, peu touché de ces scrupules, Philippe ne s'était déjà fait faute, non plus qu'Edouard, de puiser dans les trésors de la croisade ^ La bataille de l'Écluse, livrée le 24 juin 1340 et dans laquelle la flotte française fut presque entièrement détruite, accrut, avec les périls de Philippe, l'anxiété du pontife. Il ordonna des prières dans toute la chrétienté "* et essaya de nouveau de s'entremettre pour la paix '^, tandis qu'Edouard, fort de sa victoire, courait investir Tournay. La difficulté de cette entreprise, l'approche du roi de France venu en personne au secours de la ville assiégée, la défaite d'un corps flamand qui avait tenté d'arrêter la marche de ce prince, décidèrent le monarque anglais à accepter une suspension d'armes, et, le 24 septembre, une trêve, qui devait durer jusqu'au mois do juin de l'année suivante, fut conclue à Esplechin entre les deux souverains^.

On vit là, par un nouveau signe, combien faible était l'influence exercée par le saint-siège. Cette trêve si désirée était due, non à l'intervention du pape, mais à celle d'une fournie, Jeanne de Valois, sœur de Philippe et belle-mère du roi d'Angleterre. Émue de tant de maux que la guerre avait déjà causés, cette princesse sortit du monastère de Fontanelle, où elle vivait dans les pratiques d'une austère piété, et s'interposa avec un tel zèle entre les deux rois, qu'elle sut les déci-

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