Voir Potthast, Reg. pontif. 19 mars
sensible aux marques de la puissance, il célébra son avènement avec un éclat particulier. Le jour de son sacre, le 21 mars, il se montra au peuple couvert d'or et de pierreries K Le lundi de Pâques qui suivit, après avoir dit la messe en grande pompe à l'église Saint-Pierre, il ceignit une double couronne, symbole de son double pouvoir spirituel et temporel, monta sur un cheval richement caparaçonné, dont les rênes étaient tenues à droite et à gauche par le préfet et le sénateur, puis, escorté de tous les cardinaux vêtus de pourpre, des officiers de sa cour et d'un nombre considérable de prélats et de clercs, il se rendit ainsi, au chant des psaumes et au son des trompettes^ à travers les rues et les places décorées spécialement pour cette solennité, jusqu'au palais de Latran^.
Le caractère impérieux du pontife se révéla dès ses premiers actes. A peine sacré, il écrivait à Frédéric et, lui rappelant l'engagement qu'il avait pris de partir au mois d'août de cette année pour la Terre sainte, en exigeait l'exécution ^ En même temps, des lettres adressées aux évêques de la catliolicité leur enjoignaient de contraindre, au besoin, par les censures ecclésiastiques, les croisés de leurs diocèses à l'accomplissement de leurs vœux"*. L'intérêt de la Terre sainte n'était pas l'unique motif qui portât Grégoire à d'aussi promptes démarches. Il avait pénétré les desseins de Frédéric sur l'Italie et voulait l'éloigner de la péninsule. Frédéric, qui connaissait la fermeté du nouveau pape, n'en mit sans doute que plus de hâte à préparer une expédition à laquelle tout semble indiquer qu'il était résolu, et, au mois de juillet, les croisés allemands, mandés par lui d'au delà les Alpes, se trouvaient réunis à Brindes avec ceux d'Italie. La saison n'était pas
1. (( Gemmis circumtectus et auro. » Vita Gregor. IX, ex card. Arag. ap. Murât, rer. ital. t. III, p. 575.