Raynald. anno 1227, n
3. 23 mars. Hist. dipl. t. III, p. 1-3. Ainsi qu'il le mandait à Frédéric, c'était la première lettre (primitias litterarum) qu'il écrivait après son avènement.
4. Même date. R^g. Gre.yor. IX, Ep. 1. (éd. Auvray), Thorin, 1890.
favorable. Des fièvres pestilentielles ravagèrent l'armée des croisés, et Frédéric lui-même fut atteint. Il prit la mer néanmoins ^; mais, au bout de quelques jours de navigation, son mal s'étant aggravé, il dut regagner les côtes de Sicile ^. Grégoire ne voulut voir dans cette maladie qu'un nouveau subterfuge auquel l'empereur avait recours pour éluder ses engagements, et, le 29 septembre, d'Anagni, où il était alors, il lança contre le monarque une sentence d'excommunication ^ En vain Frédéric envoya-t-il des députés au pape, pour attester les faits qui avaient motivé son retour et lui transmettre les assurances les plus formelles de repartir dès qu'il serait rétabli. Le 10 octobre, le pape publiait une encyclique où, parlant des serments si souvent prêtés, puis trahis par Frédéric, et allant jusqu'à l'accuser d'avoir à dessein exposé son armée à la fièvre et à la mort pour avoir encore une fois une raison de les trahir, il réitérait l'excommunication dont il l'avait frappé, ordonnait de notifier cette sentence par toute la chrétienté et menaçait d'user contre lui de peines plus graves s'il ne se soumettait aux sévérités de l'Église ^.
Grégoire ouvrait ainsi lui-même la 1 utto avec l'Empire. Mais, s'il avait pénétré les projets ambitieux de Frédéric, celui-ci ne se trompa point sur les vraies intentions du pontife. La sentence dont il était l'objet et qui cette fois pouvait sembler iaïuiéritée, les menaces qui accompagnaient cette sentence, les perfides imputations que Grégoire élevait contre lui, tout convainquit Frédéric que le chef de l'Eglise voulait moins le punir d'un retard apporté à la croisade que l'atteindre en sa puissance. Jugeant qu'il n'avait plus de ménagements à garder, il se départit de la politique de dissimulation qu'il avait adoptée jusque-là, et, par les attaques violentes que de son côté il dirigea contre le saint-siège, comme parla gravité que